Agroalimentaire

Engrais : l’OCP prévoit la mise en service d’une usine nigériane d’ammoniac avant la fin de 2023

Un engin de l'OCP, ici à Benguérir, au Maroc (illustration)

Un engin de l'OCP, ici à Benguérir, au Maroc (illustration) © Solox44

Ce projet, censé tripler la fourniture d’engrais au Nigeria par l’Office chérifien des phosphates, permettra aussi au groupe de contourner l’interdiction d’importer de l’engrais décidé par le président nigérian en mars dernier.

L’Office chérifien du phosphate envisage l’entrée en production de sa future usine d’ammoniac au Nigeria, avant la fin 2023. Ce projet, évalué à 1,3 milliard de dollars, s’inscrit dans l’ambition de l’Office de renforcer ses investissements sur l’ensemble du continent africain, pour lequel l’OCP a spécialement créé une filiale. D’autre projets d’usines sont ainsi en préparation en Éthiopie et au Ghana.

L’usine en question sera installée dans le sud-est du pays, où ont été identifiés des gisements de gaz naturel, nécessaire à la production de l’ammoniac, lui-même nécessaire à la fabrication d’engrais azotés, a précisé à l’agence Reuters Mohammed Hettiti, directeur de l’OCP au Nigeria.

Cette usine, dont la capacité de production annuelle sera d’environ 750 000 tonnes d’ammoniac et d’un million de tonnes d’engrais, permettra aussi à l’Office d’exporter de l’ammoniac vers son usine marocaine de Jorf Lasfar, où de l’acide phosphorique marocain sera utilisé pour la fabrication d’engrais.

Avec l’OCP, le Maroc renforce ses liens avec le Nigeria

Ce projet d’usine concrétise le protocole d’accord signé en juin 2018 entre l’OCP et l’autorité souveraine d’investissement du Nigeria. Il renforce ainsi les échanges déjà conséquents entre les deux entités. Si aujourd’hui, avec un million de tonnes par an, l’Office fournit 90 % des besoins d’engrais au Nigeria, son directeur au Nigeria envisage de faire passer cette fourniture à près de 3 millions de tonnes d’ici cinq ans.

Cette ambition est complémentaire avec celle du président nigérian Muhamadu Buhari, qui œuvre par le biais de restrictions d’importations à rendre son pays autosuffisant sur le plan de la production agro-alimentaire, notamment pour ce qui est du riz, du blé, du maïs et de la canne à sucre. C’est aussi un moyen pour l’OCP de contourner la décision du Nigeria en mars dernier d’interdire l’importation d’engrais NPK, dont l’office était le principal fournisseur.

Détenu à 95 % par l’État marocain, l’OCP a également lancé la construction de trois mélangeurs d’une valeur de 40 millions de dollars pour fournir des engrais au Nigeria. « On s’attend à ce qu’ils soient opérationnels l’an prochain », a précisé Mohammed Hettiti.

Le groupe, qui compte 12 filiales en Afrique, a enregistré une hausse de 17 % de son bénéfice net au premier semestre 2019, à 1,79 milliard de dirhams (185 millions de dollars), par rapport à la même période l’an dernier, la hausse des prix et la demande d’acide phosphorique ayant contribué à compenser la baisse des prix des engrais et du phosphate naturel.

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