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Immobilier : au Maroc, le manque de confiance en Addoha ébranle sa valeur en bourse

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Mis à jour le 25 novembre 2019 à 10h21
Le siège d'Addoha, à Casablanca

Le siège d'Addoha, à Casablanca © Hassan Ouazzani/J.A.

L’action de la société immobilière est le titre le moins cher de la cote casablancaise. Une chute interminable qui démontre le manque de confiance dont souffre le groupe.

La dégringolade de l’action Addoha, depuis le début de l’année, à la Bourse de Casablanca est aussi impressionnante que surprenante. « C’est très insolite ce qui arrive à cette action. Son comportement n’est pas logique par rapport au marché dans son ensemble. Même s’il est vrai que les sociétés immobilières souffrent presque toutes en Bourse, nous avons l’impression qu’Addoha est plus sanctionnée que les autres”, explique un analyste boursier.

Évolution du cours de l'action Addoha depuis le 1er janvier 2019

Vendredi 15 novembre, l’action terminait la séance à 8,82 dirhams. Addoha, dirigé par Anas Sefrioui, est actuellement le titre le moins cher présent sur la Bourse de Casablanca après avoir perdu plus de 48 % depuis le début de l’année.

« Ce qui démontre que les investisseurs lâchent le groupe, c’est le nombre impressionnant de titres échangés. Sur le carnet d’ordres, les vendeurs se bousculent ce qui montre que la chute peut continuer encore quelques mois. C’est alarmant pour un groupe de la taille d’Addoha », raconte un trader.

Depuis le début de l’année, ce sont plus de 19 millions d’actions d’Addoha qui ont changé de main, pour plus de 215 millions de dirhams de volume. Seul Maroc Télécom a fait davantage, du fait de la cession de 8 % de son capital.

L’immobilier au Maroc traverse une période difficile, mais ceci ne justifie pas une telle dégringolade en bourse. « Nous sommes désormais quelques opérateurs à refuser de donner tout avis sur Addoha à nos clients. Nos prévisions et nos analyses ne collent que très rarement avec ce qui se passe sur le marché. »

Les analyses semblent désormais impuissantes face à une défiance structurelle : « Des clients s’empressent de vendre en suivant aveuglément le marché », regrette notre interlocuteur.

Baisse de 21 % du chiffre d’affaires au 1er semestre 2019

Le groupe souffre aussi du manque de visibilité du secteur. L’immobilier n’est plus aussi porteur qu’au début des années 2000. Le segment du logement social ne s’écoule plus aussi facilement qu’avant et le moyen standing ne décolle pas. « Les sociétés immobilières, grandes ou petites, attendent de voir ce que le gouvernement va proposer pour favoriser le logement moyen standing », explique l’analyste.

À cela s’ajoute les mauvais résultats lors du premier semestre. L’entreprise a fini les six premiers mois de l’année 2019 avec un chiffre d’affaires en recul de 21 % en glissement annuel à 2 milliards de dirhams  et un résultat net part du groupe de 340 millions de dirhams, en baisse de près de 9 %.

« Même si la réduction du déficit se poursuit, les investisseurs ne voient que le mauvais volet”, explique notre interlocuteur. L’endettement global d’Addoha a été réduit de 217 millions de dirhams en 7 mois pour s’établir à 5,49 milliards de dirhams.

« Anas Sefrioui doit d’avantage communiquer pour rassurer les investisseurs sur ses projets et sa stratégie s’il veut enrayer cette dégringolade », conclut l’analyste.

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