BTP & Infrastructures

À Johannesburg, l’Africa Investment Forum tente de faire avancer le sujet des infrastructures

Pour son édition 2019, l'Africa Investment Forum a vu 56 projets d'infrastructures être discutés à Johannesburg.

Pour son édition 2019, l'Africa Investment Forum a vu 56 projets d'infrastructures être discutés à Johannesburg. © Banque africaine de développement

Alors que l’année 2018 a été marquée par une hausse des engagements en faveur des infrastructures en Afrique, l’Africa Investment Forum a réuni plus de 2 000 participants autour de 56 transactions.

56 projets de financement, pour l’essentiel dans le domaine des infrastructures, ont été discutés lors de l’Africa Investment Forum (AIF), la place de marché fondée par la Banque africaine de développement (BAD) et qui a tenu sa grand-messe annuelle à Johannesburg du 11 au 13 novembre.

Parmi eux, quelques dossiers emblématiques tels que le barrage d’Inga III. Sur ce projet, la rencontre a débouché sur une impasse, comme l’a révélé Jeune Afrique Business+, malgré la présence dans la même salle du groupement vainqueur de l’appel d’offres, du directeur de cabinet du président congolais Vital Kamerhe et du président de la BAD Akinwumi Adesina.

D’autres grands projets ont en revanche profité de l’AIF pour avancer. C’est le cas notamment du projet de pont route-rail reliant Kinshasa à Brazzaville, pour lesquels les deux pays voisins ont signé un accord interétatique, préalable indispensable à la structuration du projet.

2 200 participants de 109 pays

Ou encore du projet SkyTrain au Ghana, d’un coût d’1,6 milliard de dollars, pour lequel l’accord de concession a été signé. ENH, la compagnie pétrolière mozambicaine, est venue aussi à l’AIF pour commencer à lever les 1,3 milliard de dollars dont elle a besoin pour financer sa part dans le grand projet gazier Area 1.

Au total, selon les chiffres présentés par l’AIF, sur les 56 projets présentés, 52 ont sécurisé des manifestations d’intérêt de la part d’investisseurs. Le montant global de ces projets est de 40,1 milliards de dollars, mais le niveau précis des manifestations d’intérêt n’a pas été précisé.

« Ces projets prennent du temps », a expliqué Alain Ebobissé, CEO d’Africa50 et partenaire fondateur de l’AIF : « L’AIF veut raccourcir les délais de réalisation. Pour des projets qui prendraient cinq ans, passer à trois ans par exemple. » Plateforme d’investissement et de transactions, l’AIF a attiré un peu plus de 2 200 participants de 109 pays, dont 48 pays africains.

Les engagements de financement en faveur de l’Afrique ont progressé de 24 % en 2018, à 100,8 milliards de dollars

L’effort fait par AIF et ses partenaires intervient dans un contexte plutôt favorable, puisque selon le rapport Infrastructure Finance Trends in Africa publié ces jours-ci, les engagements de financement en faveur de l’Afrique ont progressé de 24 % en 2018, à 100,8 milliards de dollars.

« Le gap en terme de financement des infrastructures se réduit », mais modestement, explique Pierre Guislain, vice-président à la Banque africaine de développement : « La progression de 24 % est en partie liée à un changement de méthode qui nous a permis de capter les investissements dans les infrastructures IT. »

La contribution du secteur privé encore modeste

Le rapport recense de surcroît les engagements, et non les décaissements. Inga III, pour lequel la concession a été signée en 2018, est ainsi recensé dans les statistiques alors que le projet semble bien loin de commencer.

Nous devons trouver des moyens d’augmenter le financement venant du secteur privé

Les infrastructures en Afrique ont encore besoin de beaucoup de financements et, surtout, de projets finançables. La part du secteur privé reste aussi modeste, à 11,7 %. « Nous devons trouver des moyens d’augmenter le financement venant du secteur privé », explique Pierre Guislain, pour qui cela est possible « en standardisant les process comme on a réussi à le faire dans les infrastructures IT ou solaires. En faisant du capacity building au sein des gouvernements, qui ne doivent pas hésiter à faire appel à des compétences extérieures. »

Sur la période 2016-2018, le rapport estime le gap de financement annuel entre 53 milliards et 93 milliards de dollars par an (selon le chiffre utilisé pour mesurer les besoins de financement).

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