Mines

Transparences dans les mines : l’ITIE manœuvre pour obtenir l’adhésion de l’Afrique du Sud

Mines de platine à Marikana en Afrique du Sud.

Mines de platine à Marikana en Afrique du Sud. © Themba Hadebe/AP/SIPA

L’Africa Oil Week qui vient de s’achever au Cap a été l’occasion pour l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) de tendre la main à l’Afrique du Sud pour obtenir son adhésion, avec l’ambition d’entraîner celle de ses voisins d’Afrique australe.

Le Guinéen Bady Baldé, directeur Afrique de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), était à l’Africa Oil Week au Cap du 4 au 8 novembre avec pour objectif de faire avancer l’adhésion de l’Afrique du Sud à l’organisation.

Mise en œuvre dans 52 pays dans le monde, dont 24 sur le continent africain, l’ITIE, lancée en 2003 par Tony Blair, vise à la mise en œuvre dans chaque pays adhérent d’un comité national tripartite – associant gouvernement, compagnies extractives et société civile – chargé de publier et confronter les chiffres des revenus liés aux mines, au pétrole et au gaz, ainsi que les informations contractuelles concernant ces secteurs.

Selon Bady Baldé, qui a rencontré le 5 novembre Gwede Mantashe, le ministre sud-africain des Mines et de l’Énergie, le moment est propice pour l’adhésion de la nation arc-en-ciel.

Cyril Ramaphosa en croisade contre la corruption

Car le président Cyril Ramaphosa, réélu en mai dernier, a fait de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat et indiqué son intérêt pour la démarche ITIE.

Le secteur minier, pilier de l’économie sud-africaine, souffre de tensions sociales à répétition, alimentées par des polémiques sur les revenus tirés du sous-sol, et leur répartition.

Par ailleurs, il n’est pas exclu que Pretoria devienne un producteur d’hydrocarbures majeur à l’horizon 2025 après la découverte offshore de gaz et de pétrole en février 2019 à Brulpadda par le français Total.

L’adhésion pourrait se faire en décembre

Selon Bady Baldé, la réglementation sud-africaine en matière de transparence étant déjà étoffée, la mise en place de la démarche devrait être relativement facile pour les Sud-Africains. Une adhésion de l’Afrique du Sud à l’ITIE pourrait se faire en décembre à l’occasion d’une visite à Pretoria d’Helen Clark, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande, nommée en juin 2019 présidente de l’ITIE.

Pour le secrétariat international de l’ITIE, piloté depuis Oslo par le Britannique Mark Robinson, une adhésion de l’Afrique du Sud aurait un effet d’entraînement majeur sur le continent, en particulier pour ses voisins d’Afrique australe qui ne sont pas adhérents en dépit d’une forte dépendance au secteur extractif : le Zimbabwe, le Botswana, la Namibie et l’Angola.

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