Économie

Maroc : Banque Populaire se lance dans les assurances

La Banque Populaire vient d’obtenir le feu vert pour monter sa propre compagnie d’assurances au Maroc. L’information, rapportée par le quotidien marocain « L’Économiste », sonne comme une revanche.

Par et
Mis à jour le 3 juillet 2014 à 14:50

La Banque Populaire, groupe bancaire mutualiste dirigé par Mohamed Benchaâboun, vient d’obtenir l’autorisation d’ouvrir sa propre compagnie d’assurances au Maroc, rapporte le quotidien marocain L’Economiste. Baptisée « Taamine Chaabi », la future compagnie sera dotée d’un capital de départ de 50 millions de dirhams, et sera gérée selon le modèle mutualiste, très cher aux Groupement des Banques Populaires.

Libéralisation

Dans cette aventure, la Banque Centrale Populaire (organe centrale du groupe) devra compter aussi sur un associé de taille : la Mamda-Mcma, l’une des plus grosses mutuelles d’assurances du pays. « Cette entrée de la BCP dans le secteur devrait préparer la libéralisation du marché, prévue dans les accords d’association avec l’Union Européenne. Les Marocains veulent d’une certaine manière verrouiller le marché, avant l’offensive très attendue des compagnies étrangères », signale un analyste financier.

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Très juteux, le marché de l’assurance dans le royaume est promis à un avenir radieux. Selon les prévisions de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance, présidée par le patron d’Atlanta-Sanad, Mohammed Hassan Bensalah, les primes émises par le secteur devront doubler dans trois ans. C’est dire s’il y a encore à boire et à manger…

Revanche

Pour rappel, la BCP n’en est pas à sa première tentative. En 2005 déjà, son ancien président Noureddine Omary voulait mettre la main sur CNIA, avant que Moulay Hafid El Alamy n’entre en ligne et surenchérisse, soutenu par Khalid Oudghiri, alors PDG d’Attijariwafa Bank.

Depuis, la banque mutualiste cherchait par tous les moyens à mettre un pied dans le secteur, sans succès.

L’autorisation ainsi obtenue sonne donc comme une revanche pour la banque du cheval, qui ambitionne de développer un modèle de bancassurance, un peu comme ses deux principaux concurrents Attijariwafa bank et BMCE Bank, avant de le dupliquer dans les pays d’Afrique subsaharienne où elle est présente, notamment via le réseau Banque Atlantique.