Transport aérien

À Maurice, le ciel africain se prépare à une compétition accrue

Un avion d'Air Sénégal.

Un avion d'Air Sénégal. © Ministère des Transports aériens du Sénégal (via Twitter)

À l’issue de la 51e assemblée générale de l’Afraa, les patrons des compagnies africaines ont fait le point sur l’avancement du Marché unique du transport aérien continental, tout en déplorant des coûts trop élevés. Alors même que les cours du pétrole remontent.

« Si on accroît la connectivité, on accroît l’attractivité ! Supprimez les taxes, limitez les coûts excessifs, c’est la clé ! ». Cela sonnerait presque comme un cri du cœur. C’est le message aux gouvernements africain délivré depuis Maurice par Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA) lundi 11 novembre, en présence du président par intérim de l’île, Barlen Vyapoory.

C’est dans ce cadre idyllique que s’est tenue jusqu’à ce 12 novembre la 51e assemblée générale de sa petite sœur continentale, l’Association des compagnies aériennes africaines (Afraa), réunissant 379 délégués de 53 pays, des patrons des transporteurs jusqu’aux constructeurs et motoristes.

Tout le monde se prépare actuellement à la compétition dans le cadre du Marché unique du transport aérien africain (Mutaa, Saatm en anglais), ratifié par 32 États, mis en place dans 18 d’entre eux, et qui attend la signature de 22 pays.

Un marché croissant mais moins profitable

L’occasion pour Alexandre de Juniac de rappeler « qu’en 1990, Air France pensait qu’il allait être battu par ses concurrents américains avec l’ouverture du ciel, c’est le contraire qui s’est produit », rappelle son ancien PDG.

D’année en année en Afrique, le constat évolue à peine, les grandes tendances se confirment. La croissance de ce marché à 55,8 milliards de dollars est importante, +7 % d’arrivées internationales en Afrique en 2018 (67 millions de passagers), 23 nouvelles routes lancées par des compagnies africaines en 2018 (dont 14 internationales), 6,2 millions d’emplois, mais les défis le sont tout autant.

Comme le rappelle Abderrahmane Berthé, le secrétaire général de l’Afraa, « alors que le profit par passager pour l’industrie est de 6,85 dollars au niveau mondial, les pertes en Afrique sont de 1,09 dollar par passager en 2018 ». Et d’évoquer le carburant 35 % plus cher en Afrique qu’ailleurs dans le monde et la productivité… 29 % plus basse. Le taux de remplissage des cabines reste encore en deçà sur le continent, s’établissant à 71,5 %, contre 81,2 % au niveau global.

L’ombre d’un baril de brut à la hausse

Mais alors que 175 milliards de dollars devraient être investis sur vingt ans par les compagnies dans leur flotte, le ciel africain devra affronter en 2020 la remontée des cours du brut, qui ont déjà augmenté de 28,5 % en 2018 (à 68 dollars), associée à un ralentissement de la croissance mondiale.

Un phénomène qui se manifeste particulièrement dans le secteur du cargo, qui n’a crû dans le monde que de 3,4 % en 2018, alors qu’il avait réalisé une performance record de 9,7 % en 2017. En Afrique, la quantité de fret transporté n’a augmenté que de 0,5 % en 2018, contre 22,9 % en 2017… Comment s’en sortira le ciel africain ? On le saura l’année prochaine lors de la 52e assemblée générale de l’Afraa, qui se tiendra en Angola.

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