Energie

Industries extractives : la RD Congo intègre le cercle des pays certifiés ITIE

| Par Jeune Afrique
En 2013, la RD Congo avait été rappelée à l'ordre sur la transparence des revenus de ses ressources extractives.

En 2013, la RD Congo avait été rappelée à l'ordre sur la transparence des revenus de ses ressources extractives. © Philip Mostert

La RD Congo rejoint le club des pays membres de l’ITIE et s’engage à plus de transparence dans la gestion de ses industries extractives. Le conseil d’administration de l’organisation salue les efforts du pays dont la candidature avait pourtant suscité une polémique en 2013.   

La République Démocratique du Congo a été certifiée conforme ce mercredi 2 juillet à l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE), lancée par Tony Blair en 2002, visant la publication des revenus issus des ressources minières, pétrolières et gazières.

Efforts

Cette décision intervient un peu plus d’un an après la suspension du pays de cette démarche, le 18 avril 2013, pour la mauvaise traçabilité de son industrie minière. L’ITIE vise à comparer, à l’échelon national, les recettes déclarées par un gouvernement avec les paiements communiqués par les exploitants miniers présents dans un pays.

C’est une démarche tripartite locale des gouvernements, des entreprises, des acteurs de la société civile, certifié à l’échelon international, par le secrétariat national de l’ITIE, basé à Oslo auquel participent des représentants d’Etats, entreprises extractives et ONG.

« Malgré tous les problèmes du pays, les Congolais ont œuvré ensemble pour plus de transparence et de responsabilité dans la gestion de leurs ressources naturelles », s’est félicitée Clare Short, la présidente du conseil d’administration de l’ITIE et ancienne secrétaire d’Etat britannique au développement international sous Tony Blair.


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Corruption

Malgré cette avancée en matière de transparence des revenus extractifs, les militants anti-corruption rappellent que la conformité à l’ITIE de la RDC n’est pas un certificat de bonne gouvernance. En 2013, le pays a d’ailleurs été classé 154e sur 177 Etats dans le monde à l’indice de perception de la corruption établi par Transparency international.

La RDC, pays riche en ressources minérales, possède des gisements d’or, de diamants, de cuivre, de cobalt et d’étain pour une valeur de 3000 milliards de dollars. Une situation qui suscite des convoitises. Le milliardaire israélien Dan Gertler, proche du président congolais Joseph Kabila, aurait acheté des licences minières à prix cassés, avant de les revendre à des compagnies internationales au prix du marché, réalisant au passage un substantielle plus-value.

L’Africa Progress Panel, le think-tank présidé par Kofi Annan, estime que ces opérations auraient coûté 1,36 milliards de dollars à l’Etat congolais. Gertler dément quant à lui toute irrégularité dans ces transactions

Entreprises offshore

« La prochaine étape pour la RDC, indique Nathaniel Dyer de l’ONG anti-corruption Global Witness, c’est désormais de révéler l’identité des propriétaires de concessions pétrolières et minières qui sont souvent détenues anonymement au travers d’entreprises offshore ». Une démarche qui serait salutaire, mais n’est pas exigée au titre de l’ITIE.

La conformité de Kinshasa à la démarche sera à nouveau examinée dans deux ans, en juillet 2016. D’ici là, le pays devra publier chaque année un rapport indiquant ses revenus extractifs. Et faire preuve de davantage de rigueur dans la gestion de ses ressources

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