Politique

Côte d’Ivoire : désormais à la tête du CDRP, Henri Konan Bédié met le cap sur 2020

Henri Konan Bédié, aux côté des leaders du CDRP, dont l'ancien président ivoirien a pris la tête le 6 novembre 2019.

Henri Konan Bédié, aux côté des leaders du CDRP, dont l'ancien président ivoirien a pris la tête le 6 novembre 2019. © DR / Copie d'écran HKB

Henri Konan Bédié, 85 ans, a été porté à la tête de la dernière née des plateformes politiques en Côte d’Ivoire : la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP). Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) multiplie les initiatives, en vue de sa probable candidature à la présidentielle d’octobre 2020.

Signe des temps, Henri Konan Bédié a signé son retour sur les réseaux sociaux, il y a un peu plus d’un mois. En 2010, lors de la campagne présidentielle, une page dédiée à sa  candidature avait déjà été crée en son nom, mais elle avait rapidement été abandonnée dans les jours qui ont suivi l’annonce des résultats. Mais fin octobre, l’équipe de communication de l’ancien président ivoirien a lancé l’offensive.

Un compte Twitter a été créé – « @HKBofficiel », qui compte pour le moment un peu moins de 700 « followers » – , et une page Facebook a également été crée, intitulée « Henri Konan Bédié officiel ». Cette dernière compte, à l’heure où nous écrivions ces lignes, un peu plus de 2 800 personnes. Dans le descriptif, on trouve la mention d’un site internet – pour le moment en maintenance – , mais dont le nom de domaine ne laisse guère de place au doute sur l’intention des administrateurs de cette page : « hkb2020.com ».

Désigné à la tête du CDRP

Cette stratégie de communication numérique du Sphinx de Daoukro est encore en phase de réglage. L’administrateur de la page a ainsi essuyé les railleries des internautes pour quelques fautes commises dans certains messages. Et le site internet comme le compte Instagram vanté sur Facebook renvoie à des pages d’erreur ou en construction. Mais le signal est clair : Henri Konan Bédié met le cap sur 2020.

L’ex-chef d’État, en rupture de ban avec Alassane Ouattara et le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti au pouvoir), a été porté à la présidence de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP). Annoncée depuis plus d’un an, cette nouvelle plateforme regroupe dix-sept mouvements et partis politiques.

Même si chaque signataire dispose d’un agenda politique personnel et que tous martèlent que la question des candidatures n’est pas à l’ordre du jour, il ne fait l’ombre d’aucun doute que certains, parmi eux, est disposé à soutenir une éventuelle candidature de Bédié à la présidentielle de 2020. Les responsables ont d’ailleurs unanimement porté leur choix sur Maurice Kakou Guikahué, fidèle secrétaire exécutif de d’Henri Konan Bédié, pour assurer le secrétariat permanent de la nouvelle coalition.

Il change de plan et de stratégie, surtout après l’annonce officielle de sa candidature par Guillaume Soro

« Nous avons estimé, que non seulement le président Bédié, a pris l’initiative de la création de cette plateforme, mais le plus important, c’est que nous estimons que dans l’environnement actuel, il faut quelqu’un qui ait son expérience, sa trempe, sa grande connaissance de l’environnement politique actuel, un environnement politique où il y a beaucoup de menaces, où les gens sont mis en prison pour un oui ou pour un non », explique Gnonzié Ouattara, président du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage (RPP) et membre fondateur de la CDRP.

Autre signe qu’Henri Konan Bédié  affûte ses armes pour cette présidentielle : le secrétariat exécutif de son parti a annoncé, le lendemain de sa nomination à la tête de la CDRP, qu’un bureau politique se tiendra dès le 14 novembre. Dans cette perspective, la convention d’investiture du candidat du PDCI devrait donc être convoquée plus tôt que prévu. « Bédié l’avait annoncé pour le début du deuxième semestre 2020. Il change de plan et de stratégie, surtout après l’annonce officielle de sa candidature par Guillaume Soro, son protégé. Le PDCI compte prendre de court le président Alassane Ouattara et le RHDP, qui n’ont pas encore annoncé leur candidat», pronostique le politologue Sylvain N’Guessan.

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