Entreprises & marchés

Le Togo et Dangote s’associent pour produire des engrais phosphatés

Mine de phosphate dans le sud du Togo.

Mine de phosphate dans le sud du Togo. © Jacques TORREGANO pour Jeune Afrique

Estimé à deux milliards de dollars, le projet permettra de produire des engrais à destination de l’Afrique de l’Ouest à partir des ressources présentes dans le sous-sol togolais.

Le gouvernement togolais et Dangote Industries Limited, dirigé par le l’homme d’affaire nigérian Aliko Dangote, ont annoncé le 7 novembre la conclusion d’un partenariat pour développer au Togo une filière de transformation du phosphate en engrais. 

Ce projet révélé par Jeune Afrique Business +, dont le coût d’investissement est estimé à deux milliards de dollars, sera assumé par les deux partenaires. Il devrait couvrir une partie des besoins en engrais phosphatés de l’Afrique de l’Ouest, et créer plusieurs milliers d’emplois directs. Les travaux d’aménagement miniers devraient démarrer avant la fin de l’année 2019.

Cet accord s’appuie sur la complémentarité des deux parties. De son côté, le Togo figure parmi les premiers producteurs de phosphate du continent : le pays détient plus de deux milliards de tonnes de phosphate dans son sous-sol.

Dangote et sa force de frappe

Le groupe de Dangote, quant à lui, pourra s’appuyer sur sa future usine d’ammoniac et d’urée basée à Ijebu-Lekki (Lagos), dont la mise en service est annoncée en 2020. 

« L’ammoniac est un ingrédient essentiel dans la transformation du phosphate en engrais dérivés de phosphates », explique le communiqué de Dangote, qui ajoute que « le Togo fournira l’accès aux ressources en phosphates et le groupe Dangote donnera accès à l’ammoniac ainsi qu’au marché nigérian ». 

Le Togo entend ainsi bénéficier de l’expertise et de la capacité d’investissement de l’un des plus grands groupes industriels africains, dont les revenus avoisinaient les 5 milliards de dollars en 2018. « En transformant notre phosphate, nous allons non seulement créer des emplois, mais nous pourrons également mettre à la disposition de nos agriculteurs des engrais de bonne qualité et à un coût abordable », a souligné le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé.

« Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de notre programme de transformation visant à créer la prospérité et à renforcer le développement économique non seulement au Togo, mais aussi en Afrique », a pour sa part déclaré Aliko Dangote.

Son groupe a également annoncé l’implantation à Lomé d’une usine de production de ciment dont la construction devrait démarrer au premier trimestre 2020, pour une mise en service prévue avant la fin de l’année 2020. L’investissement est estimé à 60 millions de dollars et devrait permettre de créer 500 emplois directs.

Des projets au Congo-Brazzaville

En ligne avec cet investissements dans la filière engrais, l’homme d’affaires nigérian s’était également entretenu le 21 août 2019, avec le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso. L’occasion pour Aliko Dangote, déjà présent dans le pays avec la cimenterie de Yamba – selon lui la plus grande d’Afrique Centrale – de faire part de sa volonté d’y développer d’autres projets. 

« Nous envisageons de réaliser de grands investissements dans la potasse, le phosphate et si possible l’ammoniac comme nous l’avons fait au Nigeria. Nous avons confiance dans le Congo. Il s’agit de grandes industries qui vont créer beaucoup d’emplois et des échanges avec l’extérieur », avait-il déclaré sans livrer plus de détails.

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