Politique

Gabon : Brice Laccruche Alihanga quitte la direction du cabinet d’Ali Bongo Ondimba pour entrer au gouvernement

Brice Laccruche Alihanga, en juin 2018 à Paris.

Brice Laccruche Alihanga, en juin 2018 à Paris. © JA

Le directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Brice Laccruche Alihanga, a été démis de ses fonctions jeudi en conseil des ministres. Remplacé par Théophile Ogandaga, jusque-là directeur général adjoint d’Olam, il est nommé ministre.

La rumeur circulait depuis plusieurs heures. Le conseil des ministres du 7 novembre l’a finalement confirmée : Brice Laccruche Alihanga n’est plus directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba. Il a été démis des fonctions qu’il occupait depuis août 2017, alors qu’il avait remplacé Martin Boguikouma.

Brice Laccruche Alihanga (« BLA ») a en revanche été nommé au gouvernement. Il obtient le poste de ministre chargé du Suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable et est remplacé à la direction du cabinet par Théophile Ogandaga. Ce dernier était jusque là directeur général adjoint d’Olam Gabon, poste qu’avait occupé précédemment Noureddine Bongo, le fils du chef de l’État.

Une ascension trop rapide

Les opposants à « BLA », comme chacun le surnomme à Libreville, s’étaient multipliés ces derniers mois, en particulier alors qu’il sillonnait le pays en tant que responsable du parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG). Nombre d’entre-eux considéraient que son ascension avait été trop rapide et que ses prérogatives étaient trop importantes.

Le 15 octobre dernier, un nouveau directeur de cabinet adjoint avait d’ailleurs été nommé, en la personne de Mohamed Ali Sallou, proche de Noureddine Bongo, lui-même chargé par le chef de l’État de surveiller un directeur de cabinet aux prérogatives très (trop ?) étendues.

Un autre front anti-BLA s’était constitué autour d’Ali Akbar Onanga, ex-ministre et député (exclu du PDG, qui ne le considère plus comme tel), qui tentait de s’opposer à lui, avec le soutien de son ancien collègue Pacôme Moubelet Boubeya et celui d’Idriss Ngari, son beau-père, premier vice-président de l’Assemblée nationale.

Des fronts anti-BLA

Onanga n’avait pas digéré son limogeage du gouvernement puis du PDG, où Brice Laccruche Alihanga avait progressivement pris l’ascendant en s’appuyant sur son Association des jeunes émergents volontaires (Ajev). Il n’était pas le seul, tant la liste des « écartés » de l’ère post-AVC d’Ali Bongo Ondimba n’avait cessé de s’allonger en 2019.

Parmi ces derniers, dont la mise à l’écart avait pu être jugée trop brutale : Emmanuel Issoze Ngondet, l’ex-Premier ministre, les ex-ministres Guy Bertrand Mapangou, Régis Immongault, Pascal Ambourouet, Jean-Pierre Oyiba, Étienne Massard et Guy-Maixent Mamiaka, Hervé Opiangah, ex-conseiller à la présidence, Arsène Emvahou, ex-aide de camp du président, Steed Rey, ex-directeur des déplacements..

Le limogeage de Brice Laccruche Alihanga constitue une première épreuve dans une carrière politique débutée avec l’Ajev lors de la présidentielle de 2016, lors de laquelle il avait pesé de tout son poids pour la réélection d’Ali Bongo Ondimba. Nouveau ministre, l’ancien banquier de la BGFI doit désormais s’atteler à réussir un nouveau départ. « C’est la vie… », a-t-il sobrement confié à Jeune Afrique.

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