Politique

Sénégal : les élections locales se tiendront en mars 2021 « au plus tard »

Réservé aux abonnés | | Par - à Dakar
Mis à jour le 03 décembre 2019 à 16h53
Un bureau de vote à Fatick, au Sénégal, en 2012 .

Un bureau de vote à Fatick, au Sénégal, en 2012 . © Gabriela Barnuevo/AP/SIPA

Elle devaient initialement se tenir en juin 2019. Finalement, après deux reports, les élections municipales et départementales devraient avoir lieu « au plus tard le 28 mars 2021 », selon un texte déposé par le gouvernement qui doit être soumis à l’Assemblée nationale dans les jours à venir.

Le flou qui régnait jusque là vient d’être levé : le gouvernement sénégalais se donne jusqu’au 28 mars 2021 pour organiser les élections municipales et départementales.

Adopté par la Commission des lois de l’Assemblée nationale ce mardi 5 novembre, l’amendement prévoyant « la prorogation des mandats des conseillers départementaux et municipaux » élus le 29 juin 2014 et le report des élections « au plus tard le 28 mars 2021 », déposé par le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, doit encore être voté en séance plénière pour entrer en vigueur. Il le sera dans les prochains jours, sous le régime de la procédure d’urgence.

En quête de consensus

Initialement prévue en juin 2019, puis repoussée en décembre prochain, la date de ces deux scrutins avait de nouveau été reportée sine die, en juillet dernier. Le temps pour l’exécutif de trouver un consensus avec l’opposition sur le processus électoral, afin d’éviter les écueils de la présidentielle, qui avait donné lieu à de nombreuses contestations dans les rangs de l’opposition.

« Cette décision du ministère de l’Intérieur s’inscrit dans la dynamique du dialogue national voulu par Macky Sall », se félicite Papa Biram Touré, vice-président du groupe parlementaire majoritaire Benno Bokk Yakaar (BBY) et maire de Diakhao, à l’est de Dakar.

« C’est une bonne démarche qui permettra d’inclure les conclusions des travaux du dialogue politique à venir. Mars 2021, cela laisse le temps de prendre en compte un certain nombre de préoccupations de l’opposition et de la société civile », ajoute-t-il, n’excluant pas une tenue des élections avant la date butoir, en cas de consensus.

Le fichier électoral au centre des critiques

Parmi les préoccupations soulevées par l’opposition : l’audit du fichier électoral, déjà très critiqué lors du scrutin présidentiel de février 2019, et l’évaluation de celui-ci. « En août dernier, nous avons trouvé un accord avec le pouvoir sur ces points. Mais les travaux n’ont toujours pas commencé. Or ce sont des prérequis à la tenue des locales », précise Moctar Sourang, coordonnateur du Front de résistance nationale (FRN), qui rassemble une partie de l’opposition.

S’il se réjouit qu’une date limite soit fixée « parce qu’il fallait bien le faire », l’opposant déplore « une décision prise unilatéralement par l’exécutif ». « Nous aurions souhaité être tenus au courant d’une décision aussi majeure que celle-ci, plutôt que de l’apprendre dans la presse. »

Le FRN espère une tenue des élections « dans les meilleurs délais », bien que Moctar Sourang souligne la nécessité « de prendre le temps de revoir les conditions électorales existantes. Mais selon nos prévisions, si les travaux commencent dès novembre, les locales devraient pouvoir se tenir fin 2020 », estime-t-il.

En plus d’une révision du fichier électoral, les participants au dialogue politique devront revenir sur les deux nouvelles mesures annoncées en juillet dernier par le ministre de l’Intérieur, visant à rationaliser le nombre de candidatures : l’instauration d’une caution et des parrainages citoyens.

Des nouvelles règles qui avait suscité l’inquiétude d’une partie de l’opposition, comme celle du député Ousmane Sonko qui dénonçait alors une « fragilisation du pluralisme politique sénégalais ». L’opposition et la majorité auront donc un peu moins d’un an et demi pour s’accorder sur les règles électorales à mettre en place.

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