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La banque publique CNCE devient Banque populaire de Côte d’Ivoire et se cherche un investisseur

Journée "team building" à Jacqueville Songhon, le 28 octobre 2019, en amont du changement de nom

Journée "team building" à Jacqueville Songhon, le 28 octobre 2019, en amont du changement de nom © BPCI

La Caisse nationale des caisses d’épargne, détenue à 100% par l’État ivoirien, vient de changer de nom pour devenir la Banque populaire de Côte d’Ivoire. L’occasion pour l’État d’attirer un nouvel investisseur et de tirer un trait sur le passé tumultueux de l’établissement bancaire.

Après des années de pertes abyssales, les comptes de la Caisse nationale des caisses d’épargne (CNCE) sont redevenus sains, et pour l’occasion, la direction de la banque publique a annoncé le 5 novembre son changement de nom pour affronter les vingt-six concurrents du secteur bancaire ivoirien.

La nouvellement nommée Banque populaire de Côte d’Ivoire (BPCI) cherche désormais à faire entrer un investisseur dans son capital. Mais l’État a une condition : la transaction devra se faire avec un institutionnel ou un privé qui est déjà en relation avec l’État.

Pour cela, l’établissement bancaire a collecté plus de 120 milliards de francs CFA de dépôts, et octroyé 55 milliards de francs CFA de crédit sur la période 2018-2019, a-t-il fait savoir par son directeur général Issa Tanou Fadiga à l’occasion de la conférence de presse consacrée à ce « rebranding » à Abidjan.

Placée sous administration de la BCEAO en 2015

Avec un réseau de soixante-treize agences dans le pays, Banque populaire de Côte d’Ivoire veut rattraper son retard sur la concurrence. La tâche s’annonce rude face à des mastodontes tels que la Société Générale Côte d’Ivoire (1 537 milliards francs CFA de dépôts au premier semestre 2019).

La Banque Populaire envisage de se focaliser sur son cœur de métier que sont les particuliers et les professions libérales, mais elle se positionnera aussi fortement sur les petites et moyennes entreprises et d’autres niches telles que les fonctionnaires et le secteur agricole.

Le changement de nom vise ainsi à tourner la page du passé tumultueux de la CNCE, placé sous administration provisoire de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) en 2015 à cause de problèmes de gouvernance et de mauvaise gestion imputés à l’ancienne direction.

Un plan de redressement gagnant pour Issa Tanou Fadiga

L’État ivoirien, qui ne voulait pas perdre cette banque clé pour l’inclusion financière de la population, avait alors mis en place un plan de restructuration et de recapitalisation adopté en 2017. Le gouvernement avait d’ailleurs injecté 53 milliards de francs CFA pour renforcer la solvabilité et les fonds propres.

Mais le gouvernement a également nommé Issa Tanou Fadiga à la direction de la banque fin 2017. Cet ancien directeur pays de la banque Standard Chartered et ex-conseiller à la présidence de la République était aussi passé par le ministère de l’Économie et des Finances.

Issa Fadiga a été l’un des architectes du plan qui permet aujourd’hui à la banque de renouer avec la croissance et d’amorcer un nouveau développement. En 2017, ses pertes se chiffraient à 15,5 milliards de francs CFA, pour atteindre 16,8 milliards en 2018. Mais fin mars 2019, les pertes étaient seulement de 2,3 milliards.

Retour à l’excédent

« Le portefeuille a été assaini, nous finirons l’année à 15 % pour atteindre la norme réglementaire de 9 % en 2020. Pour la première fois depuis 2011, la banque terminera l’année avec un résultat excédentaire », s’est réjoui Issa Fadiga.

Les résultats de la banque ont été obtenus grâce à trois principaux leviers d’action : d’un côté, la banque a fait des efforts en matière de recouvrement des créances douteuses (la BPCI a pu recouvrer près de 5 milliards de francs CFA de ses créances en souffrance), et d’un autre côté la nouvelle direction a opté pour une cession d’une partie de son patrimoine hors exploitation. Ce qui a permis de céder pour environ 22 milliards de francs CFA un bien à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), en attendant d’autres cessions. Pour le reste, c’est grâce aux apports directs de l’État que les capitaux propres ont été renfloués.

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