Politique

Algérie : dans la rue pour la 37e fois, les étudiants dénoncent la loi sur les hydrocarbures

Les manifestations à Alger, le 5 novembre 2019.

Les manifestations à Alger, le 5 novembre 2019. © Toufik Doudou/AP/SIPA

Les étudiants algériens ont manifesté ce mardi à Alger pour la 37e semaine consécutive contre le pouvoir, rejetant la présidentielle prévue le 12 décembre et la loi sur les hydrocarbures dont les députés viennent d'entamer l'examen.

Plusieurs milliers d’étudiants et de citoyens ont forcé les barrages de policiers anti-émeutes, ce mardi 5 novembre, pour se rassembler devant l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse) et crier leur hostilité à la loi controversée, qui modifie les cadres juridique et fiscal dans le secteur des hydrocarbures afin d’attirer les investisseurs étrangers.

« Loi Hydrocarbures, à la poubelle ! », « Vous avez vendu le pays, traîtres ! », ont-ils scandé, appelant à « faire tomber le Parlement », avant de continuer leur marche. Selon les images diffusées par la télévision publique, peu de députés siégeaient dans l’hémicycle ce mardi à l’ouverture des débats sur cette loi.

« L’Algérie n’est pas à vendre »

Des chaînes de télévision privées ont également montré des députés d’opposition brandissant des pancartes proclamant notamment: « l’Algérie n’est pas à vendre ». L’Algérie est le théâtre depuis le 22 février d’un puissant mouvement populaire de contestation, « le Hirak », qui a poussé le président Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril, après 20 ans de pouvoir. Les manifestations se poursuivent massivement chaque semaine pour exiger le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir depuis l’indépendance en 1962.

L’élection du 12 décembre c’est un 5e mandat, sans Bouteflika

Le « Hirak » rejette notamment la présidentielle convoquée le 12 décembre pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, pour laquelle cinq candidatures, toutes d’anciens soutiens du président déchu -dont deux de ses ex-Premiers ministres – ont été validées. « Nos revendications sont les mêmes qu’au début du Hirak », provoqué par l’annonce de la candidature à un 5e mandat du président Bouteflika, souligne Lotfi Negaz, étudiant de 22 ans. « L’élection du 12 décembre c’est un 5e mandat, sans Bouteflika », car les « cinq candidats retenus incarnent le système Bouteflika », ajoute-t-il.

« Il n’y aura pas de vote cette année. Il n’y aura pas de vote avec le “gang” au pouvoir, ont scandé les étudiants, dont Bouchra, 21 ans, étudiante en architecture qui explique: « nous ne sommes pas contre le principe de l’élection », mais « contre une élection organisée par des fraudeurs ». Les manifestants ont ainsi conspué le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, homme fort du pays depuis la démission de d’Abdelaziz Bouteflika, le président par intérim Abdelkader Bensalah et le chef du gouvernement, Noureddine Bedoui.

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