Diplomatie

France-Angola, le renouveau ? Un livre de Daniel Ribant y croit

João Lourenço et Emmanuel Macron, lors du sommet UA-UE à Abidjan, le 29 novembre 2017.

João Lourenço et Emmanuel Macron, lors du sommet UA-UE à Abidjan, le 29 novembre 2017. © jacovides/SIPA

Le consultant belge et spécialiste de l’Angola Daniel Ribant publie une nouvelle édition de son ouvrage « L’Angola de A à Z », qui intègre les réformes engagées par João Lourenço depuis son élection en 2017. Sur le plan diplomatique, il retient notamment la volonté de renforcer les liens entre Paris et Luanda.

Un nouveau chapitre des relations franco-angolaises s’ouvre. C’est l’un des changements que pointe Daniel Ribant, bon connaisseur de l’ancienne colonie portugaise, dans la nouvelle édition de son livre « L’Angola de A à Z ».

Pour lui, les présidents français et angolais, tous deux élus en 2017, partagent la même volonté de renforcer les liens entre leur pays. « Nouveaux hommes, nouvel état d’esprit. Nettoyée des aléas et incompréhensions du passé, une nouvelle ère pouvait s’ouvrir entérinant – enfin – la véritable normalisation des rapports entre les deux pays », écrit l’auteur qui surnomme João Lourenço le « jupiter angolais » reprenant le qualificatif octroyé par la presse française à Emmanuel Macron.

Cette évolution diplomatique a conduit Daniel Ribant, qui se rend en Angola régulièrement depuis 1996, à ajouter une entrée « France » à son ouvrage. Dans la première version, l’hexagone y était mentionné à travers le prisme historique de l’« Angolagate », nom donné à l’affaire de corruption liée à des ventes d’armes dans les années 1990 organisées notamment par Pierre Falcone, proche de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos.

Deux « ambassadeurs économiques » de la France en Angola

La condamnation par la justice française en 2009 et 2011 de certains organisateurs et bénéficiaires de ce système, dont Pierre Falcone, avait entraîné une rupture radicale entre Paris et Luanda. Si « cet épisode a pollué les relations bilatérales pendant de très /trop nombreuses années », il ne peut plus être le seul filtre de lecture de la diplomatie franco-angolaise, note Daniel Ribant.

Dans ce contexte renouvelé, la France « a indéniablement les moyens » de faire de l’Angola un « partenaire important en Afrique ». Outre la présence de deux groupes français de poids – Total et Castel – jouant le rôle d’« ambassadeurs économiques », l’auteur note le volontarisme de la diplomatie française.

Il met aussi en avant l’intérêt d’un secteur privé tricolore connaissant bien l’Afrique et pouvant fournir des services de qualité sur des secteurs définis comme prioritaires par le gouvernement angolais, dont l’agriculture. Daniel Ribant rappelle enfin l’engagement de l’Agence française de développement (AFD), qui a ouvert une antenne à Luanda en juillet 2017.

Emmanuel Macron attendu à Luanda

Après la venue du président Lourenço en France en mai 2018, la prochaine étape est annoncée pour 2020 avec un déplacement d’Emmanuel Macron à Luanda.

À noter que Daniel Ribant, fondateur de l’association European foundation for Angolan promotion and development, a créé plusieurs nouvelles entrées dans son livre, préfacé par le romancier angolais Pepetela.

L’une porte sur le 27 mai 1977, date d’une purge au sein du parti présidentiel (le MPLA), encore taboue aujourd’hui. L’autre est consacrée à la banque Besa (Banco Espírito Santo Angola), dont la faillite a provoqué d’importantes répercussions en Angola et au Portugal.

Angola-de-A-a-ZL’Angola de A à Z, Daniel Ribant, L’Harmattan, 295 pages, 33 euros.

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