Politique

RDC : la sœur de Joseph Kabila à la tête d’une commission parlementaire stratégique

Jaynet Kabila, la sœur jumelle de Joseph Kabila

Jaynet Kabila, la sœur jumelle de Joseph Kabila © Capture d'écran Youtube / Digitalcongo

La députée Jaynet Kabila, sœur jumelle de l'ancien président Joseph Kabila, a été élue à la tête de la stratégique commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale. Avec cette désignation, le camp de l'ex-chef de l'État verrouille davantage l'appareil sécuritaire congolais, déjà sous son contrôle.

Déjà majoritaire à l’Assemblée nationale avec sa coalition Front commun pour le Congo (FCC), Joseph Kabila renforce un peu plus sa mainmise sur l’appareil sécuritaire congolais. Ce jeudi, Jaynet Désirée Kabila Kyungu, la sœur jumelle de l’ancien chef de l’État, a pris la tête de l’importante et stratégique commission Sécurité et défense de la chambre basse. À 48 ans, celle qui assumait la fonction de présidente du comité des sages lors de la dernière législature sera secondée par l’ancien ministre de la Défense, Crispin Atama Tabe, lui aussi membre du parti de l’ex-président.

Au total, sur les dix commissions parlementaires mises en place, sept seront dirigées par la coalition FCC-CACH. Les plus stratégiques d’entre elles seront aux mains de proches de Joseph Kabila, notamment les commissions Politique administrative et judiciaire (Lucain Kasongo Mwadiamvita, député du PPRD de Kabila) et Relations extérieures (Charles Nawej, FCC). Les trois autres seront dirigées par des membres de l’opposition (socioculturelle, aménagement du territoire et infrastructures, droits de l’homme).

Critiques

La désignation de Jaynet Kabila est d’ores et déjà critiquée par plusieurs structures de la société civile, dont le mouvement Lutte pour le changement (Lucha) qui dénonce le contrôle de secteurs sensibles par le clan du prédécesseur de Félix Tshisekedi.

Cette désignation s’est faite par consensus, en tenant compte de la configuration politique actuelle au sein de l’Assemblée nationale

Particulièrement stratégique au Parlement, la commission qui sera dirigée par la députée aura accès aux dossiers confidentiels sur les questions sécuritaires et de défense du pays et sera en mesure d’analyser, pour avis technique, tous les projets ou propositions de lois relatives à ces domaines. Certains membres du gouvernement comme les ministres de la Défense et de l’Intérieur pourront pour leur part être auditionnés par la commission. Cette dernière pourra enfin organiser des missions d’information dans des camps militaires et zones d’opération, ou encore interagir avec d’autres pays en matière de sécurité.

Malgré la controverse, la désignation des membres de la commission « s’est faite par consensus, en tenant compte de la configuration politique actuelle au sein de l’Assemblée nationale », explique à Jeune Afrique le député Juvenal Munubo, membre de la coalition Cap pour le Changement (CACH, dirigée par le président Félix Tshisekedi), qui a pour sa part été désigné rapporteur.

Méfiance mutuelle

Pivots de l’État congolais, l’armée et l’appareil sécuritaire sont déjà sous le contrôle des « hommes » de Joseph Kabila. L’administrateur général de l’agence nationale des renseignements, Justin Inzun Kakiak, le chef d’État major général des forces armées, Célestin Mbala, le chef de la garde républicaine, Ilunga Kampete, ou encore l’actuel conseiller spécial de Félix Tshisekedi en matière de sécurité, François Beya, font partie des nombreux fidèles de l’ancien chef de l’État. Au sein du gouvernement, le ministre de la Défense Aimé Ngoy Mukena est pour sa part membre du PPRD.

Fort de sa majorité au Parlement et aux assemblées provinciales, le camp de Joseph Kabila ne manque pas de bousculer l’agenda du nouveau président. Les nominations à la tête des entreprises publiques de la Gécamines et de la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC) sont par exemples bloquées depuis le 3 juin par le FCC.

En coalition, les camps de l’ancien dirigeant et de Félix Tshisekedi entretiennent une relation de méfiance mutuelle permanente. Le PPRD a d’ailleurs déjà dévoilé ses intentions pour 2023 : il vise la présidence de la République et n’écarte pas la possibilité de présenter Joseph Kabila comme candidat du parti.

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