Politique

Burundi : vague d’arrestations dans un fief de l’opposant Agathon Rwasa

Agathon Rwasa, le leader du Congrès national pour la liberté (CNL), à son retour au Burundi en 2008 après vingt ans d'exil.

Agathon Rwasa, le leader du Congrès national pour la liberté (CNL), à son retour au Burundi en 2008 après vingt ans d'exil. © ERIC MANIRAKIZA/AP/SIPA

Une vingtaine de responsables locaux du Conseil national pour la Liberté (CNL), un des principaux partis d’opposition du Burundi, dirigé par Agathon Rwasa, ont été arrêtés depuis vendredi pour tentative d’assassinat.

« Vendredi, 16 cadres locaux du parti (…) ont été arrêtés pour tentative d’assassinat », a déclaré le représentant du Conseil national pour la Liberté (CNL) à l’international, Aimé Magera, qui vit en exil en Belgique. Il s’agit, entre autres, de Sinzirwanumwe, l’un des membres du bureau politique du parti, de Juvénal Nzopfabarushe, président du CNL dans la commune de Kanyosha, et de Philbert Mbonihankuye, qui dirige le CNL sur la colline de Muyira.

« Samedi, trois autres responsables locaux du CNL ont été arrêtés pour le même motif, avant que les 19 personnes ne soient inculpées pour tentative d’assassinat et écrouées à la prison de Mpimba, dimanche », a-t-il poursuivi. Quatre autres responsables ont, selon lui, été appréhendés à leur tour dimanche.

Selon des témoins sur place, toutes ces arrestations ont été réalisées par des agents du très redouté Service national de renseignements (SNR) qui dépend directement du président Pierre Nkurunziza et des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir que l’ONU qualifie de milice.

« Purge »

Ces arrestations ont été confirmées à la presse locale par la gouverneure de la province de Bujumbura rural (ouest) Nadine Gacuti, qui s’est voulue rassurante : « Il s’agit d’un simple travail de recherche de suspects et non d’une purge, nous demandons à la population de rester sereine ».

Le pouvoir en profite pour purger la région de tous les dirigeants locaux du CNL

Jeudi soir, un administrateur local dans les collines surplombant l’est de Bujumbura avait été blessé par balle dans le dos par un agresseur non identifié qui était parvenu à prendre la fuite, selon une source administrative ayant requis l’anonymat et des habitants des environs.

Mais pour le responsable du CNL, « c’est clair, le pouvoir en profite pour purger la région de tous les dirigeants locaux du CNL car Bujumbura rural est notre fief historique », à sept mois des élections générales dans le pays.

Depuis plusieurs jours, le parti de l’ancien chef rebelle et ancien candidat à la présidentielle Agathon Rwasa dénonce une recrudescence de violences à son égard – destruction de permanences locales, passages à tabac collectifs, arrestations arbitraires et assassinats – après une période d’accalmie consécutive à un appel à la tolérance lancé par le parti au pouvoir il y a plus d’un mois.

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