Politique

Guinée : Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo se sont croisés (sans se voir) à Paris

Alpha Condé, président de la République de Guinée, et Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition guinéenne, le lundi 2 avril 2018 au palais présidentiel.

Alpha Condé, président de la République de Guinée, et Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition guinéenne, le lundi 2 avril 2018 au palais présidentiel. © DR / Présidence de la République Guinée

Alpha Condé et son principal opposant Cellou Dalein Diallo se trouvaient au même moment dans la capitale française, quelques jours après des manifestations meurtrières à Conakry contre la réforme constitutionnelle voulue par le président guinéen.

Est-ce un hasard de calendrier ? Le président Alpha Condé et le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo étaient tous les deux au même moment à Paris.

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a été invité par Bercy comme intervenant au forum Ambition Africa qui se tient les 30 et 31 octobre, en sa qualité d’ancien Premier ministre et d’économiste. Il prendra également part à un séminaire sur la question des « instabilités et des fragilités en Afrique » et recevra un prix à l’occasion de l’African leadership Awards, le 2 novembre à Paris. Présent jusqu’au 5, l’opposant en profitera également pour aborder la situation en Guinée avec le directeur de l’Afrique et de l’Océan indien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, Rémi Maréchaux, et avec Franck Paris, le conseiller Afrique d’Emmanuel Macron.

Quant à Alpha Condé, arrivé à Paris le 28 octobre en provenance d’Istanbul (où il s’était rendu après le sommet de Sotchi), à bord d’un vol régulier Turkish Airlines, il a pris part à l’ouverture des travaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la finance verte et l’investissement, en tant que président de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables. Le chef de l’État guinéen a ensuite quitté Paris le 29 octobre dans l’après-midi pour la Turquie, d’où il regagnera la Guinée par vol spécial.

Coïncidence

Si les deux hommes ont cohabité tous les deux dans la capitale française, il s’agit bien d’une coïncidence, assure-t-on de part et d’autre de l’échiquier politique guinéen. Aucune rencontre n’a d’ailleurs eu lieu.

Notre Constitution peut être amendée et non abrogée

Ce 29 octobre, le patron de l’UFDG a fait face à une dizaine de journalistes conviés à des échanges informels dans un hôtel parisien. Pendant plus d’une heure, l’opposant a insisté sur la nécessité d’organiser des manifestations, seul moyen selon lui qu’Alpha Condé « abandonne son projet de changement de Constitution afin de briguer un troisième mandat ». Depuis plusieurs semaines, une dizaine de personnes ont perdu la vie à Conakry lors de tels rassemblements. « Ce référendum est illégal. Notre Constitution peut être amendée et non abrogée. Il n’a aucun argument qui justifie ce projet », ajoute-t-il.

Manifestation de soutien

Des déclarations qu’on balaie du revers de la main du côté de la majorité. « Ceux qui évoquent un troisième mandat sont dans l’extrapolation. Pour l’instant, il n’est pas question d’un troisième mandat mais d’une nouvelle Constitution », estime pour sa part Rachid N’Diaye, ministre d’État, conseiller spécial d’Alpha Condé, de passage à Paris.

« Se doter d’une nouvelle Constitution n’est ni illégal ni illégitime. Cette dernière va permettre au pays d’avoir une nouvelle loi fondamentale qui, contrairement à l’ancienne, sera soumise au peuple et adoptée par un parlement élu », ajoute-t-il.

Si le président guinéen et son principal opposant ne se sont pas rencontrés à Paris, on assure du côté du gouvernement que le dialogue n’a néanmoins jamais été rompu. « Il est en cours depuis 2016 sous l’égide de la communauté internationale. Le projet de nouvelle Constitution avait également fait l’objet de consultations. Tous les acteurs politiques sont d’accord sur le fait qu’il y a une nécessité de reprise du dialogue et il y a des concertations afin d’agir dans ce sens », nuance Rachid N’Diaye.

Attendu à Conakry le 31 octobre, Alpha Condé sera accueilli par une manifestation de soutien préparée par ses partisans. L’opposition, elle, annonce déjà sa volonté de descendre dans la rue le lundi 4 novembre pour continuer à dénoncer la réforme de la Constitution.

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