Politique

Cameroun : Maurice Kamto en tournée nationale, les législatives et municipales en ligne de mire

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Mis à jour le 29 octobre 2019 à 18h29
Maurice Kamto dirige le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

Maurice Kamto dirige le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). © Jacques Torregano pour JA

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) va débuter, samedi 2 novembre, une tournée nationale au cours de laquelle il tiendra des meetings à Yaoundé et Douala, avant de sillonner le reste du pays. De quoi permettre à l’opposant, libéré début octobre après huit mois de détention, de renouer avec sa base électorale avant les législatives et municipales de début 2020.

Moins d’un mois après sa sortie de prison, l’opposant Maurice Kamto s’apprête à renouer avec les manifestations publiques. Le 2 novembre, l’ancien candidat à la présidentielle devrait lancer sa première tournée nationale depuis l’élection d’octobre 2018. L’agenda du leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), en cours de finalisation, pourrait même s’étendre à l’international, avec d’éventuelles rencontres avec la diaspora.

Pour l’heure, seules deux dates du programme de l’opposant sont connues. Il s’agit de celle du meeting qui se tiendra le 2 novembre à l’esplanade du stade omnisports à Yaoundé, et celle du 9 novembre à Douala. La communication autour de ces deux événements que le parti espère « grandioses » a d’ailleurs été enclenchée, bien que des doutes pèsent toujours sur leur tenue effective.

Jusqu’à ce mardi 29 octobre, le sous-préfet de Yaoundé 5e n’avait en effet toujours pas délivré l’autorisation de manifestation nécessaire à l’organisation de ce meeting. Quatre jours plus tôt, c’était d’ailleurs par voie d’huissier que le MRC avait dû faire parvenir sa déclaration de manifestation publique, les agents de la sous-préfecture ayant refusé de réceptionner le document. « Au Cameroun, on interdit les marches pacifiques mais il s’agit là d’un meeting. Peu importe la réponse qu’on nous donne, nous tiendrons notre meeting », prévient Christopher Ndong, le secrétaire général du parti.

Renouer avec sa base électorale

Officiellement, le challenger de Paul Biya à la présidentielle de 2018 souhaite, à travers cette tournée, remercier les électeurs qui ont porté sa candidature à cette élection. « À l’issue du scrutin, nous avons rejeté les résultats et dit à nos militants d’engager un combat contre le “hold-up électoral”. Cela a conduit notre leader à la prison. Maintenant qu’il est libre, il est normal qu’il remercie ce peuple qui l’a toujours soutenu », explique à Jeune Afrique un cadre du parti.

Le MRC a annoncé l’ouverture de ses listes aux acteurs de la société civile, à la diaspora, aux jeunes, aux femmes, et aux personnes vivant avec un handicap

Dans les faits, le parti de Maurice Kamto manœuvre cependant activement en vue des prochaines législatives et municipales annoncées pour janvier 2020. Dans un communiqué rendu public le 26 octobre, le MRC a d’ailleurs annoncé l’ouverture de ses listes aux acteurs de « la société civile, à la diaspora, aux jeunes, aux femmes, et aux personnes vivant avec un handicap ». Une « task force » dirigée par Maurice Kamto lui-même aurait ainsi été mise en place pour la constitution des potentielles listes de candidature. Par ailleurs, les unités sur le terrain continuent de ratisser large et d’enrôler de nouveaux militants.

Les meetings de Yaoundé et Douala permettront donc au MRC de renouer avec sa base électorale et donnera l’occasion à son leader d’afficher la solidité de sa coalition avec ses alliés politiques. La récente fusion-absorption de la Dynamique citoyenne – formation politique crée par Albert Dzongang – par le MRC sera d’ailleurs officialisée à cette occasion. Une manière d’effacer le vent de discorde provoqué par Paul Eric Kingue, qui a récemment qualifié les militants de l’aile dur du MRC de « talibans ». Un qualificatif qui a fortement déplu à ces derniers, qui n’ont pas manqué de s’attaquer violemment à l’ancien directeur de campagne de Maurice Kamto.

« Le MRC ne boycottera aucune élection »

Selon le calendrier électoral, le président de la République devrait convoquer les votants au mois de novembre. Ce qui ne donne qu’un seul mois aux différents partis pour se préparer avant de plonger dans l’arène politique.

Avisé, le MRC  semble ainsi vouloir prendre une longueur d’avance sur ses concurrents bien que des voix questionnent l’engouement des dirigeants du MRC à préparer les législatives, alors même que les griefs soulevés lors des manifestations de janvier – notamment la réforme du code électoral et la fin des violences en zone anglophone – n’ont toujours pas trouvé d’issue favorable. « Le MRC nous a fait croire que la condition de sa participation à une quelconque élection au Cameroun était la résolution des problèmes qu’il dénonçait. Ce n’est pas le cas puisque l’on voit les membres de ce parti évoquer des prochains scrutins sans que ces affaires ne soient réglées », affirme un acteur politique de l’opposition.

« Le MRC ne boycottera aucune élection, tranche Christopher Ndong, le secrétaire général du parti. Nous menons des actions sur plusieurs fronts et le combat pour l’amélioration du code électoral ou la résolution de la crise anglophone n’empêche pas que nous préparions les échéances électorales », explique-t-il en guise de conclusion.

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