BTP & Infrastructures

Face-à-face : prise de bec autour de l’automatisation des péages camerounais

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De g. à d. : Franck Casteleyn (directeur Cameroun, Razel-Bec), Rik Joostens (DG, Egis Projects) et Kushil Maharaj (directeur exécutif, Intertoll)

De g. à d. : Franck Casteleyn (directeur Cameroun, Razel-Bec), Rik Joostens (DG, Egis Projects) et Kushil Maharaj (directeur exécutif, Intertoll) © Lonovo ; Boris-Yvan Dassie ; DR

Le consortium français composé par Razel-Bec et Egis Project, choisi par les autorités camerounaises pour automatiser 45 péages routiers, voit son contrat contesté par son concurrent sud-africain Intertoll, qui l’accuse d’avoir été juge et partie dans l’attribution de ce dossier.

Depuis 2009, le Cameroun cherche à automatiser ses 45 péages routiers, dont plus de la moitié des recettes lui échappe à cause de la fraude. Le 25 avril, un consortium français composé de Razel-Bec, dirigé localement par Frank Casteleyn, et Egis Projects, piloté par Rik Joostens, se voyait attribuer la concession pour la construction, le financement et l’exploitation de quatorze péages routiers automatiques, les plus rentables du pays, qui génèrent 75 % des recettes.

Mais recalé comme un autre français, Vinci Concessions, l’opérateur de péages sud-africain Intertoll (partenaire de MTN sur le projet), filiale du constructeur Group Five, géré par Kushil Maharaj, n’entend pas renoncer à ce contrat estimé à une somme comprise entre 40 et 50 milliards de francs CFA (61 à 76 millions d’euros).

« Un vice de forme qui aurait dû les disqualifier »

Dès le 30 avril, les partenaires locaux du sud-africain ont décidé de faire appel de cette décision auprès de plusieurs instances : présidence de la République, primature, Agence de régulation des marchés publics, ministère des Travaux publics et même auprès de la Commission nationale anticorruption… Et le dossier pourrait être transmis à des avocats français.

Ce qu’ils remettent en question : les conditions d’attribution du marché et, en particulier, le fait qu’Egis avait réalisé en 2013 les études d’avant-projet. « On ne peut pas être juge et partie. C’est un vice de forme qui aurait dû les disqualifier », estiment plusieurs sources proches du dossier, citant le code des marchés publics.

« Le futur exploitant Egis Projects est pourtant une entité très éloignée d’Egis Cameroun, qui n’est qu’un bureau d’études », fait valoir un observateur. « Ce recours participe d’une lutte d’influence classique, notre contrat final sera rapidement signé », indique François Farges, directeur international de Razel-Bec, présent depuis soixante-dix ans au Cameroun.

Plusieurs administrations – comme l’Imprimerie nationale, dont la production des tickets de péage constitue une importante ressource – ne voient pas non plus d’un très bon œil cette attribution au secteur privé.

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