Elections

Présidentielle en Algérie : six candidatures « en bonne voie » d’être validées

Réservé aux abonnés | | Par - à Alger
Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15h12
L'ex-ministre de la Justice Mohamed Charfi, président de l'Autorité nationale indépendante des élections.

L'ex-ministre de la Justice Mohamed Charfi, président de l'Autorité nationale indépendante des élections. © DR

L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), nouvelle instance chargée de superviser le processus électoral en Algérie, a jusqu’à samedi 2 novembre à minuit pour annoncer quelles candidatures – parmi les 22 déposées – seront finalement retenues pour le scrutin présidentiel du 12 décembre. Indiscrétions.

Le délai pour étudier la validité des candidatures a été abaissé à sept jours, contre dix dans l’ancienne loi électorale. L’opération était alors assurée par le Conseil constitutionnel, qui n’aura cette fois qu’à entériner la liste finale communiquée par l’Autorité nationale indépendante des élections (l’Anie).

Créée le 15 septembre dernier et composée d’une cinquantaine de membres, dont un président – en l’occurrence l’ex-ministre Mohamed Chorfi – , deux vice-présidents et un bureau de huit personnes, cette dernière autorité peut s’appuyer sur une équipe élargie de 400 éléments au total.

« La tâche n’est pas aisée : nous devons traiter les formulaires par système informatique, en vérifiant si une même personne n’a pas signé pour deux candidats. À la fin, un procès-verbal contenant toutes les irrégularités constatées sera établi pour chaque dossier », explique à Jeune Afrique l’un des agents de l’Autorité.

Nouveaux critères

L’instance doit s’assurer que les aspirants à la magistrature suprême sont, eux-mêmes ainsi que leur conjoint, Algériens « d’origine », de confession musulmane, et qu’ils ont bien joint la déclaration de leur patrimoine, ainsi qu’un diplôme universitaire – une nouvelle exigence cette année.

Si le nombre de signatures d’électeurs requises a été revu de 60 000 à 50 000, cette condition n’est pas à la portée de tous

Les concurrents doivent également avoir rassemblé 50 000 signatures d’électeurs, recueillies à travers 25 wilayas et dûment certifiées par un notaire ou une Assemblée populaire communale (APC, l’équivalent d’une mairie). Si, à la faveur de la dernière révision de la loi électorale, ce nombre a été diminué de 10 000 unités – et qu’il n’est plus obligatoire de présenter la paraphe de 600 élus – , cette condition n’est pas à la portée de tous.

Un débat télévisé à l’étude

Six candidats sont « en bonne voie » de décrocher le sésame, confie notre source. Parmi eux, les deux favoris : Ali Benflis, 75 ans, ancien chef du gouvernement et deux fois candidat déçu à la présidentielle ; et Abdelmadjid Tebboune, ministre à plusieurs reprises, ancien wali et éphémère Premier ministre – en 2017 – du président Abdelaziz Bouteflika.

Dans cette short list officieuse figure également Azzedine Mihoubi, ex-ministre de la Culture et secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND). Sa candidature serait une première pour cette formation, traditionnel soutien du président déchu. Seraient aussi en bonne voie les dossiers d’Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbel et ancien patron de l’Union nationale des étudiants algériens, de Belkacem Sahli, secrétaire général de L’Alliance nationale républicaine, et d’Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme et ex-cadre du Mouvement de la société pour la paix (MSP) – qui serait ainsi le seul représentant islamiste, les autres formations de la mouvance ayant décidé de ne pas prendre directement part au scrutin.

L’Anie sera par ailleurs chargée de superviser la campagne électorale, et notamment de répartir équitablement le temps de parole entre les différents postulants. « Le bureau examine actuellement la possibilité d’organiser un débat télévisé entre les candidats, à l’exemple de la récente expérience tunisienne », ajoute notre informateur.

Un homme brandissant une pancarte contre la tenue de l'élection présidentielle, début octobre 2019 à Alger (image d'illustration).

Un homme brandissant une pancarte contre la tenue de l'élection présidentielle, début octobre 2019 à Alger (image d'illustration). © Toufik Doudou/AP/SIPA

Appréhensions

La course débutera officiellement le 7 novembre, dans un contexte marqué par le rejet populaire d’une élection organisée sous la houlette du système actuel, mais aussi l’installation contrariée de plusieurs délégations locales de la commission électorale à travers le pays, notamment en Kabylie. La suspicion est également de mise, l’Anie ayant annoncé une hausse sans précédent des inscriptions sur les listes électorales, alors que le pays est secoué chaque mardi et vendredi depuis neuf mois par d’importantes manifestations contre tout ce qui incarne le régime.

Dans un contexte de défiance et de rejet, difficile d’imaginer les candidats battre une campagne active ponctuée de grands meetings

Dans ces conditions, difficile d’imaginer les candidats battre une campagne active ponctuée de grands meetings. Selon son entourage, Abdelmadjid Tebboune se contentera de tournées de proximité. Quant à Ali Benflis, même s’il peut s’appuyer sur une formation politique organisée, il appréhende tout de même l’épreuve. Il refuse pour le moment d’en dire plus sur sa stratégie, préférant décliner son programme axé sur une révision de la Constitution, la consécration de l’indépendance de la justice et la réorganisation de l’espace médiatique. Rien n’a encore filtré concernant les autres prétendants, suspendus au verdict de l’Anie.

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