Politique

Cameroun : décès du maire de Buea, Patrick Ekema, fervent opposant aux séparatistes anglophones

Patrick Ekema, lors d'une interview à la Television South West (TSW)

Patrick Ekema, lors d'une interview à la Television South West (TSW) © Capture d'écran Youtube

Le sulfureux maire de la capitale régionale du Sud-Ouest est décédé à 46 ans, ce 27 octobre, dans une clinique privée à Douala, à la suite d’un arrêt cardiaque. Réputé pour ses déclarations choc, il était l’un des piliers de la lutte contre les indépendantistes « ambazoniens ».

L’information qui circulait dans la matinée, selon laquelle le maire de Buea était décédé, a été confirmée à la mi-journée de ce dimanche 27 octobre par l’office de radiodiffusion public. Aux premières heures de la journée, Patrick Ekema avait été conduit en urgence dans une clinique au quartier Bonapriso à Douala, où il a poussé son dernier souffle.

Cette disparition marque le départ de l’un des acteurs majeurs de la crise qui secoue les régions anglophones du Cameroun depuis fin 2016. En tant que maire, Patrick Ekema était l’un des piliers de la lutte contre les indépendantistes « ambazoniens » au point de se bâtir une réputation de « casseur » des villes mortes imposées tous les lundis par les milices armées.

Radical et controversé

À ce titre, il ne lésinait sur aucun moyen pour rétablir l’ordre dans sa ville, au point de prendre des mesures souvent controversées. À titre d’exemple, il avait décidé de sceller définitivement les boutiques et magasins qui restaient fermés les jours de « villes mortes », avant que la mesure ne soit abrogée.

Tout au long de sa vie, Patrick Ekema a payé d’un lourd tribut ses prises de positions radicales. En septembre 2017, la résidence du magistrat municipal avait été attaquée par des manifestants en colère. Le maire était parvenu à garder la vie sauve grâce à des tirs de sommation qui avaient permis de disperser la foule.

À la suite de cet épisode, Patrick Ekema s’était doté d’une garde rapprochée composée d’une dizaine de personnes. Alertées sur la présence d’individus armés au sein de l’hôtel Sawa, à Douala, en septembre 2018, les forces de sécurité étaient d’ailleurs intervenues dans l’établissement, suscitant la panique dans la ville, avant de réaliser qu’il s’agissait en fait des gardes du corps du maire de Buea.

Réputé pour ses déclarations choc – comme l’annonce de vouloir faire kidnapper les proches des indépendantistes pour favoriser la reprise de l’école en zone anglophone -, Patrick Ekema, 46 ans, a fait sa dernière apparition publique lors du Grand dialogue national initié par Paul Biya, qui s’est tenu fin septembre.

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