Politique

RDC : chargée de désigner le nouveau président de la Ceni, la société civile dénonce les pressions politiques

Une femme vote lors de l'élection présidentielle en 2011.

Une femme vote lors de l'élection présidentielle en 2011. © DR/Monusco

Les tractations s’intensifient autour de la désignation des futurs membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et du successeur de Corneille Nangaa, à la tête de l’instance en charge d’organiser les élections. L’institution reste néanmoins toujours contestée pour son manque d’indépendance.

Qui succédera à Corneille Nangaa à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en RDC ? Alors que le mandat des animateurs de l’institution s’est achevé en juin, les discussions se poursuivent dans la plus grande discrétion entre les huit confessions religieuses du pays qui, comme l’exige la loi, doivent élire le président de l’instance en charge d’organiser les élections.

« Après avoir pré-sélectionné un candidat, chaque confession religieuse doit le présenter au niveau de la plateforme pour que nous puissions trouver un consensus », explique le pasteur Éric Nsenga Nshimba, porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC, principale force protestante en RDC), précisant que les trois principaux critères sont « le savoir-vivre, le savoir-être et le savoir-faire ». De son côté,le  secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo Donatien N’shole insiste sur l’importance de la « dignité » des différents candidats afin de mener à bien les prochaines échéances électorales.

La centrale électorale congolaise reste néanmoins toujours contestée pour son manque de transparence et d’indépendance. Les tractations actuelles autour du successeur de Corneille Nangaa sont soumises à des pressions, affirme le porte-parole de l’ECC qui met en garde la classe politique contre toute tentative d’imposer un candidat aux confessions religieuses. « Nous voulons éviter les erreur du passé », déclare-t-il, faisant allusion au « manque d’unanimité » et à la « mainmise des dirigeants politiques » qui ont caractérisé la désignation des précédents présidents de la Ceni : Apollinaire Malu Malu, Daniel Ngoy Mulunda et Corneille Nangaa. « Les politiques ont tenté de nous imposer des candidats et nous faisons tout ce qui est en notre possible pour que cela n’arrive plus ».

Intrusion du FCC ?

Dans une déclaration du 18 octobre, certaines organisations de la société civile, dont l’Association africaine pour la défense des droits de l’homme (ASADHO), dénonçaient déjà l’intrusion du Front commun pour le Congo (FCC, coalition dirigée par l’ancien président de la république Joseph Kabila) qui « s’emploierait à user de son poids politique à l’Assemblée nationale afin de torpiller les réformes visant à crédibiliser les élections à venir ». « Nous avons appris que le FCC souhaitait que la Ceni ne soit composée et dirigée que par des acteurs politiques, en fonction des composantes identifiées au sein de l’hémicycle », dénonçaient ces organisations.

Majoritaire au Parlement, le FCC chercherait, selon les organisations de la société civile, à modifier la loi afin de rendre possible la désignation du président de la Ceni par les politiques. Membre influent du parti du Peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti de Joseph Kabila, Adolphe Lumanu, récent dirigeant de la Commission d’évaluation du processus électoral lors du mini-congrès du PPRD à Lubumbashi, est cité par certaines organisations comme étant celui que le FCC aimerait mettre à la tête de la Ceni pour succéder à Corneille Nangaa.

Autre question qui inquiète la société civile : la composition de la Ceni, dont la plénière est composée de treize membres désignés par les forces politiques de l’Assemblée nationale : six délégués – dont deux femmes – par la majorité, quatre – dont une femme – par l’opposition, et trois par la société civile. Pour sa part, le Bureau de la centrale électorale est composé de six membres – dont au moins deux femmes -, l’une issue de la majorité et l’autre de l’opposition.

« Simple réflexion »

S’il s’agit d’une « simple réflexion » au sein du FCC, selon les termes d’un responsable de la plateforme de Joseph Kabila, plusieurs propositions et projets seraient à l’étude pour modifier l’architecture institutionnelle, en commençant par la Ceni, d’après une autre source de la coalition.

En août, le député de l’opposition Christophe Lutundula avait initié une proposition de loi organique pour modifier la loi portant sur l’organisation et le fonctionnement de la Ceni. Parmi ses propositions, aucun membre de l’instance ne devrait être désigné s’il a appartenu à une organisation politique au cours de cinq dernières années précédant sa désignation. Une question qui n’est pas encore à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte