BTP & Infrastructures

Électricité, route : le Gabon signe avec Meridiam deux partenariats public privé de 300 millions d’euros

Thierry Déau, fondateur et président de Meridiam, société d'investissement spécialisée dans le financement et la gestion de projets d'infrastructures, à Paris, le 22 décembre 2016.

Thierry Déau, fondateur et président de Meridiam, société d'investissement spécialisée dans le financement et la gestion de projets d'infrastructures, à Paris, le 22 décembre 2016. © Vincent Fournier/JA

D’un investissement total de 300 millions d’euros, le Gabon et le fonds d’investissement français Meridiam forment deux partenariats public privé pour une centrale hydroélectrique et une route. Meridiam détiendra 60 % de la centrale, qui doit produire 13 % de l’électricité de Libreville.

Deux projets d’envergure au Gabon – une centrale hydroélectrique et une route – vont être financés en grande partie par le fonds Meridiam, un fonds d’investissement installé en France et spécialisé dans le financement d’infrastructures publiques.

D’un montant de 150 millions d’euros, la centrale de 34 MW “devrait être financé à 75 % par les principales banques de développement en Afrique et dans le monde, notamment la Société financière internationale (SFI), la Banque africaine de développement (BAD), la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA) et la Banque islamique de développement (BID)”, indique le communiqué de Merdiam.

Le fonds d’investissement français dirigé par Thierry Déau, qui détient déjà au Gabon 25 % des parts du port minéralier d’Owendo, “détiendra 60 % de la société de projet hydroélectrique de Kinguele et son partenaire FGIS (le fonds souverain du Gabon) en détiendra 40 %”, ajoute le texte.

13 % des besoins électriques de la capitale

La société gabonaise Asonha Energie sera en charge de la centrale et de sa maintenance pour une concession d’une durée de 33 ans.

La centrale sera située au fil de l’eau de Kinguele Aval, à 100 km à l’est de Libreville, sur la rivière Mbei. Elle devrait fournir environ 13 % des besoins en électricité de Libreville, indique Meridiam, précisant que la mise en service est prévue pour fin 2023.

Autre projet de Meridiam en PPP avec l’État gabonais : la Transgabonaise, cette route de 780 km reliant la capitale Libreville (à l’est) à Franceville (à l’ouest), capitale du Haut-Ogooué, province de la famille présidentielle, par ailleurs riche en manganèse.

L’investissement pour cette nouvelle route s’élèvera à environ 150 millions d’euros, selon les informations obtenues par Jeune Afrique.

Actuellement, les deux villes sont principalement reliées par la voie ferrée et par des vols nationaux, la route étant en mauvais état.

Ce “partenariat public privé a été signé entre l’État gabonais et Meridiam, en partenariat avec Arise, pour la réalisation puis la maintenance de ce grand ouvrage”, indique un communiqué de la présidence gabonaise. Tout comme pour la centrale, la mise en opération de la route est prévue avant la fin de l’année 2023.

Favoriser les PPP pour ne pas augmenter la dette

Libreville a, selon les chiffres de 2018, une dette intérieure de 1 516 milliards de francs CFA de dette intérieure, en plus d’une dette extérieure de 3 743 milliards de francs CFA. Le Gabon favorise aujourd’hui les partenariats publics privés, selon les informations obtenues par Jeune Afrique auprès du ministère de l’Économie.

Alors que de nombreuses entreprises au Gabon restent en attente de paiement de la part de l’État, et que certaines ont même engagé des procès, les PPP permettent à la société une plus large autonomie dans la gestion des coûts des projets, les capitaux apportés étant privés et non publics.

Un « avantage », selon Antoine Lenoir, chargé de communication du fonds Meridiam, joint par Jeune Afrique. « Ces partenariats se traduisent par d’importants investissements dans une entreprise privée pour qu’elle construise une infrastructure publique, sans que cela ne se déporte sur la dette de l’État. Les risques sont portés par le secteur privé, notamment au niveau financier », alors que l’État, garant juridique, « reste propriétaire de l’ouvrage et nous [Meridiam] ne serons que concessionnaires”, explique Antoine Lenoir.

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