Politique économique

Rapport Doing Business 2020 : la Banque mondiale juge difficile la vie des entreprises en Afrique

Vue de la baie de Cocody avec son quartier d'affaires, à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Le 11 mars 2016 (image d'illustration).

Vue de la baie de Cocody avec son quartier d'affaires, à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Le 11 mars 2016 (image d'illustration). © Jacques Torregano pour Jeune Afrique

La publication du rapport Doing Business 2020 par le groupe Banque mondiale le 24 octobre confirme que l’Afrique améliore trop lentement son climat des affaires. Parmi les 50 pays à avoir fait le plus de progrès au monde, seuls deux sont africains.

L’Afrique est à la traîne dans le classement du dix-septième rapport de la Banque mondiale Doing Business, qui mesure la facilité pour faire des affaires dans 190 pays et les améliorations qui y ont été apportées entre mai 2018 et mai 2019.

Ce rapport passe en revue douze sujets qui affectent la vie des entreprises : création d’entreprise, permis de construire, accès à l’électricité, titre de propriété, obtention de crédit, protection des actionnaires minoritaires, paiement des impôts, commerce transfrontalier, respect des contrats, traitement de l’insolvabilité, emploi de salariés, contrats avec l’État.

On ne s’étonnera pas que la Nouvelle-Zélande soit le pays où les entreprises ont la vie la plus facile et la Somalie en proie au terrorisme, le pays où elles rencontrent le plus de difficultés.

Le Togo et le Nigeria en net progrès

Les dix premiers pays africains les mieux classés dans le rapport sont Maurice (13e sur 190), le Rwanda (38e), le Maroc (53e), le Kenya (56e), la Tunisie (78e), l’Afrique du Sud (84e), la Zambie (85e), le Botswana (87e), le Togo (97e) et les Seychelles (100e).

Les dix pays en queue de classement sont la Somalie (190e), l’Érythrée (189e), la Libye (186e), le Sud-Soudan (185e), la Centrafrique (184e), la RDC (183e), le Tchad (182e), le Congo (180e), la Guinée équatoriale (178e) et l’Angola (177e).

On compte deux pays africains seulement parmi les 50 qui, cette année, ont le plus amélioré leur climat des affaires : le Togo, troisième derrière l’Arabie saoudite et la Jordanie, et le Nigeria, dixième.

Le rapport note de « substantiels » progrès réalisés en Afrique en matière d’accès à l’électricité, mais cite aussi des améliorations en matière d’informations sur le crédit ou de réglementation.

Le cas du Togo, ruban bleu africain pour les réformes, est exemplaire. Son président ayant fixé l’objectif que son pays devienne numéro un en Afrique de l’Ouest, des délégations togolaises ont visité le Rwanda pour comprendre les réformes que ce pays avait réalisé en une dizaine d’années pour faciliter spectaculairement le travail de ses entrepreneurs.

Dans la foulée, le gouvernement togolais a pris des mesures pour faciliter la création de sociétés, pour rendre moins coûteux l’obtention d’un permis de construire, pour accélérer le raccordement au réseau électrique, pour simplifier l’enregistrement d’un titre de propriété et pour obtenir plus aisément un crédit bancaire.

Le rapport souligne que « l’Afrique subsaharienne demeure l’une des régions dont les performances sont les plus médiocres en matière de correction » de ses handicaps. Il cite en exemple les difficultés persistantes du commerce maritime.

Le coût moyen des formalités pour une exportation par bateau s’élève à 2 223 dollars en RDC, à 1 633 dollars au Gabon et à 354 dollars au Bénin. Le temps moyen de ces formalités est de 200 heures au Cameroun ou en Côte d’Ivoire, mais à peine de 10 heures à Singapour.

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