Environnement

[Chronique] Sale temps pour la faune africaine

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Glez

© Glez

Au Zimbabwe, plus de 50 éléphants sont morts depuis un mois en raison du réchauffement climatique. De leur côté, les populations de girafes ont diminué de près de 40 % en trois décennies en Afrique, dans la plus grande indifférence.

Si la tendance se confirmait, un héritier 2.0. de Noé aurait bien du mal à remplir son arche de couples d’animaux. Au Zimbabwe, selon les dernières statistiques du porte-parole des parcs nationaux, 55 éléphants n’ont pas eu besoin de braconniers pour décéder : les pachydermes sont morts de faim et de soif.

Au Cameroun ou en Guinée équatoriale, les pangolins qui coulaient jusque-là des jours heureux sont devenus les mammifères les plus braconnés au monde, pour la bonne et simple raison que le « stock » asiatique a commencé à décliner. Dans la seule Afrique de l’Ouest, la population de chimpanzés – « espèce vulnérable » devenue « espèce en danger » – a chuté de plus de 80 % depuis 1990.

110 000 girafes sur la planète

Et voilà que le sort des girafes inspire inquiétude aux spécialistes de la préservation des espèces. Pourtant valorisée dans l’imaginaire enfantin occidental, le mammifère ongulé artiodactyle pourrait s’éteindre dans la plus grande indifférence, si l’on en croit une récente publication du prestigieux National Geographic. Il ne resterait, sur la planète, qu’environ 110 000 spécimens de l’espèce au long cou. En Afrique, la population de « Giraffa camelopardalis » aurait diminué de près de 40 % en trois décennies.

Si la classification des girafes est encore débattue, ce sont sept sous-espèces sur neuf qui seraient considérées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction. Si le grand public s’émeut des déboires des éléphants ou des grands singes, l’animal le plus grand en hauteur semble victime d’une progressive extinction silencieuse. Cette indifférence s’explique par le fait que la girafe se porte bien, dans certaines zones du continent, comme en Afrique du Sud et en Namibie ou la population tend à augmenter. Ce n’est pas le cas de la girafe réticulée et de la girafe masaï qui périssent sur les clôtures des agriculteurs, ni des girafes ougandaises de Nubie dont la population aurait diminué de 97% en trois décennies.

Le régime d’Ibrahim Baré Maïnassara aimait offrir des girafes à des chefs d’État voisins peu précautionneux

Particulièrement rares, les girafes aux taches claires du Niger, essentiellement concentrées dans la région de Kouré, n’étaient plus que 49 en 1996, notamment à cause du régime d’Ibrahim Baré Maïnassara qui aimait en offrir à des chefs d’État voisins peu précautionneux. Depuis 2011, les efforts de conservation ont permis de remonter à plus de 600 exemplaires, un exploit dans un pays qui a d’autres girafes à fouetter, mal classé qu’il est en matière d’indice de développement humain. La jeune population de « longs cous » pourrait déménager de 800 kilomètres pour fuir le nouveau fléau : les conflits entre agriculteurs et bergers.

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