Politique

Sénégal : pour sa première intervention depuis sa libération, Khalifa Sall laisse ses partisans sur leur faim

Réservé aux abonnés | | Par - à Dakar
Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15h15
Khalifa Sall salue ses supporters, le 21 octobre 2019, après son allocution pour sa première apparition publique à Dakar après sa sortie de prison le 29 septembre.

Khalifa Sall salue ses supporters, le 21 octobre 2019, après son allocution pour sa première apparition publique à Dakar après sa sortie de prison le 29 septembre. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Plus de trois semaines après avoir été libéré à la suite d’une grâce présidentielle, l’ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, a tenu sa première allocution publique ce lundi. Un discours bref, sans annonce majeure, qui a laissé une partie de ses militants sur leur faim.

Un petit quart d’heure de discours en français et presque autant en wolof, devant des militants armés de sifflets et mégaphones, pendus aux lèvres de leur leader dans l’attente des consignes tant espérées. Ce lundi 21 octobre, Khalifa Sall est venu briser le silence auquel il a été contraint pendant les deux ans et demi de son incarcération à la maison d’arrêt de Rebeuss, à Dakar. C’est dire si les attentes étaient grandes, quand l’ex-maire de la capitale a foulé l’estrade de la salle de conférence d’un petit hôtel de la Voie de dégagement nord (VDN), paré de son iconique boubou blanc.

Quelques minutes avant la prise de parole de Khalifa Sall, ses partisans ne cachaient pas leurs attentes, précises. « Aujourd’hui, ce sont des retrouvailles avec Khalifa Sall, mais nous attendons surtout des déclarations phares allant dans le sens de l’obtention d’une amnistie. Le combat politique continue, et pour le mener nous avons besoin d’un leader éligible », assurait ainsi Dominique Diouf, secrétaire général du réseau des enseignants « Taxawu Khalifa » à Fatick, faisant référence à l’inéligibilité de Khalifa Sall à la suite de sa condamnation.

« Il faut que Khalifa Sall se positionne clairement »

Khalifa Sall salue ses supporters après son allocution le 21 octobre à Dakar.

Khalifa Sall salue ses supporters après son allocution le 21 octobre à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

« J’ai quitté la prison de Rebeuss après deux ans et demi. Durant tout ce temps, vous avez partagé avec moi cette épreuve faite pour les uns de privation et pour les autres de sacrifice. Mais pour moi, ce fut un fort moment de communion avec Allah », a lancé l’ex-édile.

« Amélioration des conditions de détention et le traitement des détenus », « solidarité avec les couches vulnérables », « accession à des soins de santé de qualité, à l’éducation, à la formation, à un emploi décent ». Si aucune allusion n’a été faite concernant les élections à venir, Khalifa Ababacar Sall a cependant déroulé par le menu son programme politique.

Mais s’il a demandé à ses militants de « faire front » avec lui, qu’il a affirmé être « encore plus déterminé » qu’avant son incarcération, et les a assurés de sa volonté de poursuivre son engagement politique, il a laissé nombre de ses militants sur leur faim.

« Il faut que Khalifa Sall se positionne clairement, qu’il nous fasse part de ses objectifs après deux ans et demi en prison, et nous dise dans quelle direction nous, ses soutiens, devons aller », confiait ainsi Aïssatou Diouf, membre du mouvement « Khalifa président », avant la prise de parole de l’ancien maire de la capitale sénégalaise. Et cette militante d’ajouter : « Nous savons bien que nous ne pouvons pas parler d’élection tant que l’on n’aura pas parlé d’amnistie. »

« Je suis socialiste ! »

« Nous gardons la même ligne de conduite : nous n’avons pas fait de demande de grâce, nous ne ferons pas de demande d’amnistie », a balayé Babacar Thioye Ba, ex-directeur de cabinet de Khalifa Sall à la mairie de Dakar. « C’était un appel à fédérer, comment parler d’élections locales dont nous ne savons même pas encore la date ? », s’interrogeait pour sa part Babacar Thioye Ba, selon qui la déclaration était avant tout l’occasion de « rappeler les valeurs du vaste mouvement politique » que veut créer l’ancien membre du Parti socialiste.

Après un appel à « ne pas céder aux excès de la politique, ni perdre notre temps à ressasser le passé », et un tonitruant « Je suis socialiste ! », Khalifa Sall a quitté la salle de conférence sous les vivats de ses partisans, et sans répondre aux questions des journalistes. Mutique depuis sa remise en liberté le 29 septembre, à la suite d’une grâce présidentielle, Khalifa Sall n’entend pas de sitôt parler de sa stratégie politique à la presse. « Il veut que sa parole soit rare », prévenait déjà l’un de ses collaborateurs à sa sortie de prison.

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