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Cet article est issu du dossier «Russie-Afrique : les secrets d'une reconquête»

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Diplomatie

[Chronique] Sommet Russie-Afrique : vers une « Poutinafrique » ?

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Damien Glez

© Damien Glez

L’héritier du « grand frère communiste » veut revenir en force sur le continent africain. Vladimir Poutine a-t-il les moyens de ses ambitions ? Il tente un premier sommet Russie-Afrique…

Françafrique, Chinafrique et bientôt Russafrique : le continent noir brûle-t-il ses idoles pour mieux en changer ? Les chantres du « monolatéralisme » oublient que l’Afrique est multiple, que le temps de l’alignement imposé par la Guerre froide est révolu et que le continent africain n’est plus condamné à l’inféodation économique ou idéologique.

Jamais aussi à l’aise qu’à contre-courant, Vladimir Poutine tente de répandre, en Afrique comme ailleurs, le grain de sel d’une Russie un temps snobée sur la scène diplomatique mondiale, après la chute de l’empire soviétique.

Comme le veut la coutume, c’est avec une rencontre internationale que le président russe entend compter publiquement ses amis africains. Quarante-trois chefs d’État et de gouvernement africains sont attendus à Sotchi les 22 et 24 octobre. Évoquer un sommet « Russie-Afrique », c’est déjà se positionner dans la liste des rares puissances habilitées à mettre en regard le nom de leur pays et celui de tout un continent.

Bénédiction poutinienne

Pour ménager la susceptibilité de ceux qui percevraient l’invitation en cité balnéaire comme une énième convocation, l’événement sera placé sous la co-présidence d’Abdel Fattah al-Sissi. L’Égyptien a le double avantage de la légitimité continentale – il est président en exercice de l’Union africaine – et de la bénédiction poutinienne.

Retour de la Russie en Afrique ? Résurrection ? Réinvention ? Pour l’ancien officier du KGB, la diplomatie plus ou moins secrète du muscle n’a pas changé de ressorts : la fourniture de kalachnikovs ou l’envoi de « conseillers militaires » à d’anciens « pays frères » communistes, comme l’Éthiopie ou l’Angola, mais aussi – c’est récent – à des pays comme le Mali ou la Centrafrique, traditionnellement classés dans le pré carré français.

Nouveau vernis diplomatique

Avec ce premier sommet « Russie-Afrique », c’est sous un nouveau vernis diplomatique que Vladimir Poutine entend esquisser une politique africaine plus globale, intrinsèquement alimentée par les inévitables questions d’énergie et de minerais.

Après quelques années d’offensive chinoise sur le terrain économique africain et de résilience commerciale occidentale, l’impénétrable « tsar » actuel de Russie surestime peut-être la pertinence de ses anciens réseaux idéologiques. Qu’à cela ne tienne, le pragmatique tentera, lors de son sommet de Sotchi, une photographie de groupe.

Du Congolais Denis Sassou Nguesso au Mozambicain Filipe Nyusi, en passant par l’Angolais João Lourenço, une dizaine de chefs d’État africains se sont rendus à Moscou depuis 2017. La semaine prochaine, 43 dirigeants sont attendus en Russie.

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