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Cet article est issu du dossier «Russie-Afrique : les secrets d'une reconquête»

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Politique

Centrafrique : comment Faustin-Archange Touadéra prépare son opération séduction pour le Sommet Russie-Afrique de Sotchi

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Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15h16
Vladimir Poutine et Faustin-Archange Touadéra, à Saint-Pétersbourg, le 23 mai 2018.

Vladimir Poutine et Faustin-Archange Touadéra, à Saint-Pétersbourg, le 23 mai 2018. © Mikhail Klimentyev/AP/SIPA

La Centrafrique, nouvelle mascotte de la Russie sur le continent africain, est très attendue au sommet Russie-Afrique de Sotchi, du 22 au 24 octobre. À Bangui, les autorités se préparent minutieusement à cet événement d’envergure internationale. Objectif : attirer les investisseurs russes, mais aussi d’obtenir davantage de soutien militaire de la part de Moscou.

Depuis plusieurs semaines, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra est annoncé comme l’invité d’honneur du premier sommet Russie-Afrique qui se tiendra à Sotchi du 22 au 24 octobre. « L’implication de la Russie en Centrafrique a motivé d’autres États africains à se rapprocher de Moscou. De son côté, le président russe Vladimir Poutine entend bien profiter de cette tendance pour mener sa campagne africaine à Sotchi », analyse une source diplomatique occidentale.

À Bangui, les préparatifs de ce sommet sont pris très au sérieux. La ministre de la Défense, Marie-Noëlle Koyara, s’est déjà envolée pour Sotchi ce 17 octobre pour « partir en éclaireur », d’après un proche conseiller du président centrafricain. « Même si ce sommet est purement économique, nous y allons aussi pour demander à la Russie de renforcer son appui militaire chez nous », a-t-il précisé à Jeune Afrique pour justifier le voyage de la ministre de la Défense.

Depuis 2018, des soldats centrafricains sont formés par des instructeurs militaires russes, et Moscou a déjà effectué deux livraisons d’armes à la Centrafrique depuis l’allègement de l’embargo dans ce pays. Mais la Centrafrique attend davantage de son allié pour remettre entièrement sur pied son armée.

Une grande délégation centrafricaine devrait ensuite rejoindre la ministre. Parmi celle-ci, le président centrafricain et plusieurs membres du gouvernement dont Félix Moloua, le Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération. »Nous travaillons d’arrache-pied pour préparer ce déplacement. L’idée est d’attirer des investisseurs russes et de convaincre les bailleurs que le pays est désormais propice pour investir, a détaillé Albert Yaloké-Mokpem. L’objectif est de nouer des partenariats, tant dans le public que dans le privé, pour l’intérêt des Centrafricains ».

En coulisse des préparatifs de l’événement, des diplomates russes et fidèles conseillers du président centrafricain s’activent « pour être à la hauteur » de ce rendez-vous. Au moins cinq réunions ont été tenues par des proches de Faustin-Archange Touadéra, pendant lesquelles il a été question de débattre des stratégies, de l’organisation et des dossiers à défendre à Sotchi.

Pour préparer ce sommet, le chef de l’État centrafricain s’appuie sur plusieurs conseillers.

• Obed Namsio

Obed Namsio

Obed Namsio © La Renaissance (Facebook)

Il est le nouveau directeur de cabinet du président centrafricain. C’est lui qui représente Faustin-Archange Touadéra lors des réunions préparatoires du sommet de Sotchi. Il coordonne donc toutes les rencontres techniques et stratégiques préparatoires.

Obed Namsio avait déjà été ministre délégué aux Mines sous François Bozizé en 2011. Après l’élection de Touadéra en 2016, ce magistrat de formation a été nommé secrétaire général à la présidence, avant d’être nommé directeur de cabinet de Faustin-Archange Touadéra, en mars dernier. Il succède à Firmin Ngrebada dans le suivi du dossier russe en Centrafrique et pèse sur les dossiers à exposer à Sotchi.

• Rameaux-Claude Bireau

Rameaux-Claude Bireau

Rameaux-Claude Bireau © DR

Cousin du président centrafricain et inspecteur des douanes, il a été nommé ministre-conseiller à la présidence en charge de l’économie, en 2016. Sa connaissance des domaines économiques et fiscaux est particulièrement sollicitée dans la rédaction des dossiers à présenter à Sotchi.

• Valery Zakharov

Relais de Moscou au palais présidentiel centrafricain, Valery Zakharov est le conseiller en matière de sécurité de Touadéra. Surnommé « l’homme à tout faire », il est accusé par plusieurs ambassades occidentales d’alimenter les campagnes de dénigrement contre les intérêts occidentaux, principalement français, en Centrafrique.

Mais c’est lui qui se charge des moindres détails des accords entre Bangui et Moscou. Les Russes comptent donc sur lui pour aider la partie centrafricaine à préparer Sotchi. Patron du service des renseignements, il s’occupe, au cours de ces réunions, des questions de défense et de sécurité à présenter lors du sommet.

• Sani Yalo

Sani Yalo, l'un des proches les plus "aguerris" de Touadéra.

Sani Yalo, l'un des proches les plus "aguerris" de Touadéra. © DR / Copie d’écran Facebook

Qualifié de « conseiller spécial » du président centrafricain, même s’il ne figure sur aucun organigramme officiel de l’exécutif, Sani Yalo est aussi l’homme à tout faire de Touadéra. Après avoir joué un rôle clé lors de la visite du président rwandais à Bangui le 15 octobre, c’est encore lui qui va organiser toute la partie stratégique et économique pour attirer des hommes d’affaires du déplacement de Sotchi. Très écouté par le président centrafricain, ses conseils seront déterminants dans les négociations.

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