Diplomatie

Syrie : « L’offensive turque profite au président Erdogan, mais aussi à Bachar al-Assad et Vladimir Poutine »

Bombardement turc à Ras al-Aïn, dans le nord-ouest de la Syrie, mercredi 16 octobre 2019 (image d'illustration).

Bombardement turc à Ras al-Aïn, dans le nord-ouest de la Syrie, mercredi 16 octobre 2019 (image d'illustration). © Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Le retrait des troupes américaines et l’offensive turque lancée le 9 octobre dans le nord-est de la Syrie ont remis le dossier syrien au cœur de l'actualité internationale. Esseulés, les Kurdes se tournent vers le régime de Bachar al-Assad, alors que la Russie renforce sa position. Décryptage avec Jordi Tejel Gorgas, historien spécialiste de la question kurde.

Les Forces démocratiques syriennes, composées d’environ 70 % de Kurdes, n’ont pas attendu longtemps avant de sceller une alliance secrète avec Damas afin de contrer l’invasion turque. Après avoir lancé leur offensive militaire – qui a déjà causé en une semaine plusieurs centaines de morts et fait près de 300 000 déplacés – , les troupes d’Erdogan se trouvent désormais prises entre cette nouvelle alliance, le revirement du président américain Donald Trump – initialement consentant, avant de changer d’avis et d’annoncer des sanctions contre plusieurs ministres turcs – , ainsi que l’embargo sur les armes décidé par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Turquie et Syrie devront donc choisir entre l’affrontement ou la négociation. La Russie, déjà un acteur majeur dans le conflit syrien, s’impose déjà comme médiatrice entre son allié turc d’un côté, son protégé syrien et les Kurdes de l’autre, analyse Jordi Tejel Gorgas.

Jeune Afrique : Comment interprétez-vous le changement de position des Américains ?

Jordi Tejel Gorgas : Les sanctions ne changeront pas la position turque, chose que le président Recep Tayyip Erdogan a déjà souligné. Cela pourrait peut-être obliger la Turquie et la Syrie à négocier pour évoquer plusieurs points clés : leur frontière commune, et donc la place du mouvement kurde ; les quelque trois millions de réfugiés syriens présents en Turquie, dont Erdogan veut se débarrasser ; ainsi que la situation à Idlib, la dernière enclave rebelle dans le nord-ouest syrien, prise entre les frappes russes et syriennes d’un côté et la frontière turque fermée de l’autre.

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