Économie

Sénégal : l’arrivée de Free est-elle une bonne nouvelle pour les consommateurs ?

Une boutique Free au Sénégal.

Une boutique Free au Sénégal. © Free Sénégal

Annoncé en grande pompe le 1er octobre dernier, le lancement de Free Sénégal pourrait entraîner une baisse des prix sur le marché.

Leader du marché de la téléphonie mobile au Sénégal, Orange pourrait-il voir sa position concurrencée par l’arrivée retentissante de Free Sénégal ? Tigo, deuxième opérateur du secteur, est officiellement devenu Free le 1er octobre dernier. Communication agressive, offres alléchantes : la nouvelle marque propose notamment des offres « packagées » qui combinent internet et téléphonie à des tarifs réduits, souvent deux fois moins chers que son concurrent.

Surtout, l’opérateur propose pour ces packs l’accès illimité au service de messagerie instantané WhatsApp, très utilisé dans le pays. 

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« Orange est très critiqué »

Orange pourrait-elle être mise en difficulté par l’offensive de son principal adversaire ? Par le passé, certains clients mécontents avaient déjà lancé plusieurs campagnes de boycott de la société. Les usagers, qui critiquent notamment les tarifs pratiqués par l’opérateur, jugés trop élevés, pourraient-ils décider de rejoindre massivement la concurrence ? Un risque à nuancer, selon le consultant spécialiste du digital Mountaga Cissé, qui ne croit pas en cet « effet de migration ».

« Orange est très critiqué, surtout sur internet : on lui reproche une mauvaise couverture réseau, une qualité du service client qui n’est pas à la hauteur. Mais cela n’engendre pas forcément de désabonnements », précise  Mountaga Cissé. Le taux de pénétration du mobile est de plus de 110 % au Sénégal, avec des usagers ayant bien souvent deux, voire trois cartes SIM différentes, chez plusieurs opérateurs. La consommation des usagers se fait donc d’un opérateur à l’autre sans entraîner de désabonnements, « en fonction de l’offre proposée et des tarifs promotionnels », explique le spécialiste.

Investissements lourds

Sur les réseaux sociaux, les internautes s’amusent de cette rivalité. Le hashtag #orangeVSfree fleurit sur Twitter, où les usagers comparent les offres de deux concurrents.

Pour rattraper la couverture 4G de Orange, Free a mis les bouchées doubles, investissant massivement dans ses infrastructures. L’opérateur revendique aujourd’hui 90 % de couverture totale du territoire, 50 % de couverture en 4G et la 4G+ dans les capitales régionales.

Premier pays après la France à porter le nom « Free », le Sénégal profitera-t-il d’une baisse des prix amorcée par l’opérateur ?

« Violation des règles du jeu »

Mamadou Mbengue, directeur général, récuse les accusations de dumping portées à l’encontre de Free et assure qu’il ne vend pas à perte dans le but de gagner des parts de marché. Le 25 septembre, l’Autorité de régulation des télécoms et des postes (ARTP), contactée par ses concurrents, mettait déjà en demeure Tigo Sénégal contre certaines de ses promotions. L’autorité reprochait à Tigo des « violations des règles du jeu » qui « perturbent le fonctionnement régulier du marché et sont de nature à inciter les autres opérateurs à adopter une attitude de non-respect » du cadre fixé.

Malgré ces mises en garde, Mamadou Mbengue, contacté par Jeune Afrique, affirme que ces offres sont toujours valables. « Une offre non rentable est anti-concurrentielle », prévient toutefois Abdoul Ly, directeur de l’autorité de régulation, qui affirme avoir été contacté par Orange et Expresso, troisième représentant du marché, au sujet des offres récemment lancées par Free. « Si l’ARTP se rend compte que l’offre relève de pratiques de dumping, elle n’hésitera pas à intervenir », ajoute-t-il.

De son côté, Orange se refuse à communiquer sur ce qu’elle qualifie de « rebranding ». « Nous ne commentons pas [ces] offres qui étaient attendues depuis presque deux ans de la part d’un opérateur qui a eu de nouveaux repreneurs », se contente de répondre la marque. L’entreprise, qui avait commencé à baisser ses prix depuis deux ans, annonce toutefois des « surprises » imminentes pour ses usagers.

Free pourrait aussi concurrencer Orange sur un autre terrain : le payement en ligne. Avec ses deux millions d’abonnés, Orange Money devra cohabiter avec « Free Money ». Comme celui de son concurrent, ce service devrait comprendre plusieurs offres diverses (paiement de factures, transfert d’argent, etc.). « Nous ciblons l’ensemble de la population, jusqu’aux plus modestes », a précisé Mamadou Mbengue. Les conditions de ces offres n’ont pas encore été annoncées par la marque.

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