Politique

RDC : bras de fer à l’Assemblée entre les partis de Jean-Pierre Bemba et de Moïse Katumbi

Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. © Photomontage JA / Photos : JOHANNA DE TESSIERES /COLLECTIF HUMA ; Francisco Seco/AP/SIPA

L’opposition mène en ce moment d’intenses tractations en interne pour se répartir les postes qui lui ont été attribués au sein des organes de direction de l’Assemblée nationale. Mais les débats sont si vifs que Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi ont été sollicités pour arbitrer les différends entre leurs formations.

L’heure est à la répartition des postes au sein de l’opposition et celle-ci s’avère particulièrement délicate. L’opposition s’est vue confier début octobre la tête de trois des dix commissions (la commission socioculturelle, la commission aménagement du territoire et infrastructures ainsi que la commission droits de l’homme).

Lors de la composition du bureau de l’Assemblée elle a également récupéré le poste de rapporteur adjoint. Et c’est ce dernier qui est au centre des convoitises, et du bras de fer qui se joue entre le MS-G 7, l’AMK-AL, deux formations de la plateforme Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi, et le MLC et Jean-Pierre Bemba. Trois groupes qui représentent les principales forces de l’opposition à la chambre basse : MS-G7 compte 39 députés, AMK 30 et le MLC 29.

L’appel aux leaders

À l’issue des négociations, le MLC affirme dans le communiqué conjoint prétendre au poste de rapporteur adjoint à l’Assemblée pour « compenser celui occupé au Sénat par Ensemble pour le changement » et se dit « prêt à faire des concessions pour certains postes qui pourraient lui revenir au sein des commissions ».

De son côté, le MS-G7 précise qu’« indépendamment de l’élection d’un de ses membres au poste de rapporteur adjoint au bureau du Sénat », le poste de rapporteur adjoint à la chambre basse lui « revient de droit en raison du poids numérique à l’Assemblée ».

Communiqué conjoint MLC, MSG-7 et ANJ.

 

La règle est celle du poids politique. Aller au-delà, c’est de la gloutonnerie

« Il n’y a pas à y avoir de notion de compensation : la règle est celle du poids politique, point final. Sur cet aspect, les chiffres sont clairs. Aller au-delà, c’est de la gloutonnerie », dénonce un membre d’Ensemble. Constatant l’échec de leurs discussions, les présidents des trois groupes parlementaires en appellent donc à leur leader respectif pour trancher le différend.

L’opposition en quête d’un porte-parole

Le duel entre les camps de Bemba et de Katumbi ne s’arrête pas à cette question de la répartition des postes. Un autre dossier agite en effet Lamuka : celui de la désignation du porte parole de l’opposition. Prévu depuis la loi du 4 décembre 2007 portant sur le statut de l’opposition, ce poste devait théoriquement être pourvu dans les 30 jours qui suivent l’investiture du gouvernement, qui a eu lieu le 7 septembre.

Instauré sous l’administration de Joseph Kabila, ce poste n’a jamais été réellement mis en place. Pourtant, selon la loi de 2007, le porte-parole de l’opposition doit être « désigné par consensus, à défaut, par vote au scrutin majoritaire à deux tours par les députés nationaux et les sénateurs, membres de l’opposition politique ». Les élus de l’opposition au Parlement doivent, selon les textes, se réunir sous la facilitation conjointe des Bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, à la demande écrite de tout groupe parlementaire ou politique de l’opposition politique, selon le cas. »

Dans un courrier adressé le 1er octobre, six jours avant la date butoir, le président du groupe parlementaire MS-G7, Bienvenu Aplata, a écrit aux présidents des deux chambres, Jeanine Mabunda pour l’Assemblée, Alexis Thambwe Mwamba pour le Sénat, afin de demander l’enclenchement du processus de désignation. Rien n’a pour l’instant été entrepris en ce sens.

La Dynamique pour la vérité des urnes, le mouvement dirigé par Martin Fayulu, a vivement critiqué les tractations en cours au sein de l’opposition. « Face à la crise de légitimité née du putsch électorale de décembre 2018 qu’il faut à tout prix résoudre, la Dynamique pour la vérité des urnes observe que la fameuse loi sur le statut de l’opposition est inopérante comme après les chaos électoraux de 2006 et de 2011. » Un statut de l’opposition que les partisans de Fayulu qualifie « d’imposture qui tend maladroitement à légitimer Félix Tshisekedi ».

 

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