Télécoms

À Londres, Helios Towers réussit une introduction en bourse à 315 millions de dollars

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Mis à jour le 16 octobre 2019 à 10h24
Leader en RDC, Vodacom investit massivement dans ses infrastructures. Ici des ouvriers sur une tour de télécoms du gestionnaire panafricain Helios.

Leader en RDC, Vodacom investit massivement dans ses infrastructures. Ici des ouvriers sur une tour de télécoms du gestionnaire panafricain Helios. © Helios

Le gestionnaire panafricain de tours télécoms a lancé son introduction au London Stock Exchange le 15 octobre. L’opération, qui a mobilisé 315 millions de dollars, devrait dégager plus de 100 millions de dollars d’argent frais pour Helios Towers.

Les 217,4 millions d’actions de Helios Towers Plc, dont un tiers de nouveaux titres créés pour l’occasion, ont été cédées à un cours de 1,15 livre sterling, pour une valeur de 250 millions de livres (environ 285 millions d’euros et 315 millions de dollars).

L’introduction de Helios Towers devient l’une des plus importantes levées de fonds à la Bourse de Londres d’entreprises actives sur le continent, depuis celles du distributeur de produits pétroliers Vivo Energy et de l’opérateur télécoms Airtel Africa. Ces dernières ont mobilisé en mai 2018 et en juin dernier plus de 700 millions de dollars chacune.

Le gestionnaire, dont le parc atteignait 6 882 tours télécoms à la fin juin en Tanzanie, en RD Congo, au Congo-Brazzaville, au Ghana et en Afrique du Sud), atteint une valorisation de 1,15 milliard de livres sterling, avec 21 % de son capital sur le flottant de la Bourse de Londres. C’est le troisième acteur du secteur en Afrique derrière IHS Towers et American Towers, tous deux bien implantés au Nigeria, contrairement à Helios.

182 millions de dollars pour les actionnaires historiques

Cette opération, repoussée à plusieurs reprises en raison notamment d’incertitudes sur l’accueil des investisseurs, a finalement été réalisée à un prix situé dans la fourchette basse des estimations des analystes (1,15-1,45 livre). Elle intervient dans un contexte difficile pour les valeurs africaines.

Elle permet toutefois aux actionnaires historiques de Helios Towers de céder chacun environ un cinquième de leurs actions et d’empocher plus de 145 millions de livres sterling (182 millions de dollars).

En quelques années, Helios a su intéresser plusieurs grands noms de la finance et des télécoms. Parmi ses actionnaires, on retrouve bien sûr le capital-investisseur Helios Investment Partners, créateur du gestionnaire, mais également l’opérateur télécoms Millicom (marque Tigo), Quantum Strategic Partners, lié au milliardaire hongro-américain George Soros, ACM Africa Holding, fonds géré par un investisseur présidé par l’ancienne secrétaire d’État américaine Madeleine Albright, le britannique RIT Capital Partners plc, présidé par Lord Jacob Rothschild, ainsi la Société financière internationale (IFC, filiale du groupe de la Banque mondiale). Tous restent d’ailleurs actionnaires de Helios Towers.

Helios prévoit une forte croissance à deux chiffres

L’entrée à la Bourse de Londres est également l’occasion de récolter environ 81 millions de livres sterling (102 millions de dollars) de liquidités grâce aux nouvelles actions émises. Helios Towers compte mettre à profit ces ressources pour “saisir les opportunités futures en ligne avec sa stratégie de croissance, soit sur ses marchés actuels, soit dans de nouvelles zones géographiques, et pour ses besoins généraux”, explique le gestionnaire dans un prospectus consulté par Jeune Afrique.

Une forte présente en RD Congo et en Tanzanie

« Contrairement à d’autres gestionnaires cotées en bourse, Helios est la seule towerco à être majoritaire sur ses marchés, ce qui lui donne une opportunité unique de tirer parti des prévisions de croissance dans la région », expliquait à la fin 2018 son directeur général Kash Pandya. « Avec une croissance phénoménale prévue sur le marché africain – plus élevée que sur les marchés sur lesquels opèrent d’autres tours cotées en bourse – Helios prévoit une forte croissance à deux chiffres », avait-il expliqué.

En avril dernier, Helios bouclé le rachat du sud-africain SA Towers, pénétrant ainsi le marché télécoms le plus moderne du continent. Mais l’essentiel de ses revenus proviennent pour le moment de la Tanzanie (42 % au premier semestre 2019) et de la RD Congo (41 %) suivi du Ghana (10 %) et du Congo-Brazzaville (6 %).

L’introduction réussie à Londres, réalisée certes à un prix inférieur aux anticipations les plus optimistes, constitue néanmoins une marque de confiance envers le modèle des gestionnaires de tours et envers Helios Towers en particulier, qui ne dégage pas encore de bénéfices nets. Mais ses revenus sont en hausse à 191 millions de dollars au premier semestre (+7%), tandis que son excédent brut d’exploitation (Ebitda) est en progression ininterrompue depuis début 2015 et a atteint 201 millions de dollars durant les six premiers mois de l’année.

Sa marge Ebidta a doublé durant cette période à 52 %. Le gestionnaire indique dégager déjà des bénéfices au Ghana, mais pas encore dans ses autres implantations.

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