Mines

En RDC, Trafigura investirait 450 millions de dollars dans le traitement du cobalt

Du minerai est extrait un hydroxyde de cobalt bleu-vert.

Du minerai est extrait un hydroxyde de cobalt bleu-vert. © DR

Le géant suisse du négoce serait prêt à investir 450 millions de dollars en RDC pour construire une usine de traitement du cobalt, deux mois après que son concurrent Glencore a annoncé suspendre l’activité de sa mine voisine.

Le négociant de matières premières Trafigura s’est engagé selon deux sources internes citées par le Financial Times à participer au financement de la construction d’une usine de traitement du cuivre et de cobalt en RDC, à proximité de la mine de Mutoshi, au Katanga. Le montant mobilisé par le groupe suisse serait de 450 millions de dollars. Il y a un an Trafigura s’était engagé un an auparavant à formaliser l’exploitation artisanale de cobalt.

Cette décision intervient à rebours de celle prise au mois d’août par son grand concurrent Glencore, qui se prépare à suspendre l’activité de la plus grande mine de cobalt au monde à Mutanda (par produit par ailleurs du cuivre), dans la même province.

Cette annonce a été motivée par la chute du cours de ce minerai de l’ordre de -65 % en un an. Elle a été suivi d’un rebond de 45 % après l’annonce de l’arrêt de la transformation à Mutanda, le plus grand gisement de cobalt au monde en exploitation.

L’investissement de Trafigura sera réalisé dans le cadre d’un consortium réunissant les groupes First Bank of Nigeria et Africa Finance Corporation. Le consortium fait le pari que la mine de Mutoshi, propriété de la société congolaise Chemaf, dirigée par l’homme d’affaires indien Shiraz Virji, a le potentiel pour devenir une source de production compétitive au moment même où la demande internationale de cobalt redécolle. 60 % de la production mondiale de ce minerai est fournie par la RDC.

La demande de cobalt attendue en nette hausse

Cet investissement permettra à Trafigura de sécuriser son approvisionnement en cobalt utilisé principalement par les fabricants de batteries électriques, notamment chinois. Trafigura ayant refusé de communiquer, les détails de l’accord liant les parties n’ont pas été dévoilés.

À l’issue de la construction de l’usine, Chemaf espère élever la production de sa mine de Mutoshi à 16 000 tonnes par an d’ici la fin 2020, sachant qu’en 2018 Trafigura avait signé un accord pour commercialiser l’ensemble du cobalt produit par la Chemaf jusqu’en 2020.

Selon le cabinet Benchmark Minerals Intelligence, la demande de ce minerai pour les batteries au lithium-ion passera de 75 000 tonnes en 2019 à 152 000 tonnes en 2024.

Les réserves de cobalt de la mine de Mutoshi sont estimées à 300 000 tonnes, par Chemaf. Dirigée par l’homme d’affaire indien Shiraz Virji, cette société détient dans la même province du Katanga la mine de l’Etoile ainsi qu’une usine de traitement à Lubumbashi.

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