Mines

RDC : le parcours très politique de Sama Lukonde Kyenge, nouveau directeur général de la Gécamines

Sama Lukonde Kyenge

Sama Lukonde Kyenge © DR

Depuis le 3 juin, Sama Lukonde Kyenge est directeur général de la Générale des carrières et des mines (Gécamines) aux côtés d’Albert Yuma Mulimbi, le président du conseil d’administration. À 42 ans, ce proche du chef de l’État Felix Tshisekedi connaît bien les rouages du géant minier congolais.

En reconduisant par ordonnance Albert Yuma – un proche de Joseph Kabila – au poste de président du conseil d’administration (PCA) de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), début juin, le président Félix Tshisekedi a également nommé un nouveau directeur général pour la société : Sama Lukonde Kyenge.

Ancien ministre des Sports sous Joseph Kabila avant de démissionner du poste en 2015, cet homme de 42 ans succède ainsi à Jacques Kamenga Tshimuanga, nommé directeur général adjoint de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).

Les objectifs du nouveau directeur général du géant minier : redorer le blason de la société, contribuer au budget national mais aussi assurer la couverture santé et l’accès à l’éducation de ses agents.

De Katumbi à Tshisekedi

Sama Lukonde Kyenge baigne dans la politique depuis son plus jeune âge. Fils de Stéphane Lukonde Kyenge, figure emblématique de la politique katangaise assassiné en 2001, il s’est engagé formellement dans ce domaine en 2003 et a entamé son parcours politique en tant que député national trois ans plus tard. Un poste qu’il a conservé jusqu’en 2011.

Dans le même temps, cet ingénieur de formation – qui a notamment effectué des stages à la Gécamines – débutait sa carrière professionnelle en Afrique du Sud, au sein de la société MultiChoice Africa, avant de rentrer en RDC en 2001 où il a œuvré dans le secteur minier jusqu’en 2004. Il a été par la suite, entre autres, gestionnaire de l’usine de cuivre Small Minerals Services puis consultant dans plusieurs sociétés minières privées dont Métal Mines, Huashin et Rubamin.

Membre du parti politique Avenir du Congo, dont le président Dany Banza est aujourd’hui l’un des ambassadeurs itinérants de Félix Tshisekedi, Sama Lukonde Kyenge avait démissionné en septembre 2015 de ses fonctions de ministre des Sports pour obéir à la consigne de son parti, exclu de la majorité présidentielle pour avoir protesté contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila. Il a alors milité au sein de l’opposition sous le leadership de Moïse Katumbi dans la coalition G7, qui regroupe les sept partis frondeurs de l’ancienne majorité présidentielle.

Des nominations controversées

Quelques mois avant les élections de 2018, il s’est désolidarisé de Moïse Katumbi pour soutenir, avec le président de son parti, Félix Tshisekedi au sein du rassemblement de l’opposition, puis lors de sa candidature à l’élection présidentielle.

Les nominations à la tête d’entreprises publiques, notamment de Gécamines, avaient immédiatement provoqué la colère des députés du parti de Joseph Kabila.

Dans un article publié dans Jeune Afrique, le 17 juin, une de nos sources au sein du Front commun pour le Congo (coalition majoritaire au parlement, dirigée par Kabila) dévoilait, sous couvert d’anonymat, la raison de ces atermoiements : Wivine Mumba Matipa, cadre du PPRD et actuelle ministre du Portefeuille, « a été instruite par son parti de bloquer ces nominations en refusant de notifier les intéressés ». Une information que la ministre s’est refusée à confirmer ou à infirmer. De son côté, le président Félix Tshisekedi assure que ces nominations seront effectives prochainement.

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