Politique

Guinée : interpellation de plusieurs figures de la société civile avant des manifestations à haut risque

Alpha Condé, au palais présidentiel en octobre 2016.

Alpha Condé, au palais présidentiel en octobre 2016. © Vincent Fournier pour Jeune Afrique

Des citoyens qui mènent la contestation contre l'ambition prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, ont été interpellés samedi, à 48 heures de manifestations considérées comme à haut risque.

Parmi les personnalités interpellées figure Abdourahamane Sanoh, le coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition créée en avril par des partis d’opposition, des syndicats et des membres de la société civile, a-t-on indiqué dans son entourage.

« Abdourahamane Sanoh a été arbitrairement arrêté à son domicile par les forces de sécurité ce samedi 12 octobre (…) alors que son domicile privé était quadrillé par les forces de sécurité depuis vendredi en début de soirée », a réagi le chef de l’opposition politique, Cellou Dalein Diallo.

Outre Abdourahamane Sanoh, les personnalités interpellées, membres comme lui d’associations de la société civile, sont le responsable des opérations du FNDC, Ibrahima Diallo, le responsable des stratégies et de la planification, Sékou Koundouno, et Mamadou Baïlo Barry (ONG Destin en Main), selon une source proche du Front.

Ils étaient réunis au domicile de Abdourahamane Sanoh et s’apprêtaient à se rendre à la Maison de la presse pour expliquer les modalités des manifestations prévues lundi lorsque des membres des forces de l’ordre sont arrivés « cagoulés à bord de quatre pick-up », a précisé un membre de la famille du coordinateur du FNDC sous couvert de l’anonymat. Les interpellations se sont déroulées « sans violence », a-t-il ajouté.

« Mes clients ont été arrêtés, c’est ce que l’un d’eux m’a dit au téléphone. On m’a dit qu’ils ont été emmenés à la Direction de la police judiciaire et une autre (personne) m’a dit qu’ils ont été conduits dans une brigade de gendarmerie », a déclaré l’avocat du FNDC, Salifou Béavogui. « Pour le moment je ne sais pas où ils sont, mais c’est extrêmement grave ».

Sollicitées par l’AFP, les autorités guinéennes n’ont pas fait de commentaire dans l’immédiat.

Le Front a recommandé aux compagnies minières, banques, usines, stations-service et aux autres entreprises publiques et privées de « suspendre toute activité durant les manifestations, en vue d’éviter tout incident dommageable ».

Le gouvernement a prévenu qu’il ne cèderait « pas le moindre centimètre carré au règne de l’anarchie », mais la manifestation prévue lundi 14 octobre demeure maintenue a déclaré samedi un autre responsable du FNDC, Oumar Sylla.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte