Politique économique

L’Eco et la santé de l’Afrique centrale au menu de la réunion des ministres des Finances de la zone CFA

Des coupures en francs CFA d'Afrique de l'Ouest.

Des coupures en francs CFA d'Afrique de l'Ouest. © J.A.

Le ministre de l’Économie et des Finances français Bruno Le Maire et ses homologues africains de la zone franc se réunissent les 10 et 11 octobre à Paris. L’occasion de poursuivre leurs réflexions sur la lutte contre les flux financiers illicites, la sortie de crise des États pétroliers, et le développement des partenariats public-privé.

C’est un rituel bien installé. Tous les six mois, les ministres des États de la zone franc – qui regroupe 14 pays d’Afrique subsaharienne, les Comores et la France -, se réunissent, tour à tour en France et en Afrique, en vue de passer au crible les grands enjeux économiques et monétaires qui les rassemblent.

Le conclave se tient cette fois-ci à Paris où le ministre de l’Économie et des Finances français, Bruno Lemaire, accueillera ses homologues de la zone ainsi que les présidents de banques centrales et d’institutions régionales de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UMEOA), de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et des Comores.

« Les pays de la zone franc se portent mieux »

Plusieurs réunions se tiendront dans la journée de vendredi, dont une plénière, le matin, à laquelle assisteront les ministres des Finances de la zone. Au rang des préoccupations devraient figurer l’évolution des indicateurs macroéconomiques. « Dans ces trois ensembles, les pays de la zone franc se portent mieux, assure-t-on à la direction générale du Trésor français, qui estime prudemment à 6,6% le taux de croissance en UEMOA cette année, sachant qu’« il faut tenir compte de la part significative de l’économie informelle ».

De son côté, la santé de la zone CEMAC sera passée en revue. Bien qu’évoluant à des rythmes divers, les six pays d’Afrique centrale qui la composent opèrent globalement un début de sortie de crise après le choc subi au lendemain de la chute des cours pétroliers dès 2014. « Globalement, la situation s’améliore même si elle reste fragile », insiste cette même source qui table sur 2,7% de croissance pour la zone cette année. « À présent, la réflexion va se poursuivre sur la diversification de ces économies dans la perspective post 2020 ».

Flux illicites et harmonisation fiscale

Les intervenants poursuivront les travaux engagés lors des précédentes réunions sur la lutte contre le blanchiment et le terrorisme. Ils reviendront à ce titre sur les 42 recommandations faites par la Banque mondiale à l’issue d’un travail engagé sur la zone franc en octobre 2018.

« D’après les retours que nous avons, 40% des actions prévues depuis cette date auraient été réalisées, indique-t-on au Trésor français. Toutefois, nous aimerions avoir plus d’aspects qualitatifs à ce sujet ».

Autres dossiers, l’harmonisation fiscale et l’opportunité des partenariats publics-privés selon les secteurs devraient également faire l’objet d’un débat entre les ministres. Sur ce dernier point, la Commission de l’UEMOA aurait d’ores et déjà élaboré une directive sur un cadre juridique commun au sujet de ces partenariats au sein l’Union. Celle-ci n’a cependant pas encore été adoptée.

L’ombre de l’Eco

À n’en pas douter, le sujet de la monnaie Eco planera enfin sur ces réunions. Rappelons qu’à Abuja, le 29 juin dernier, les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao ont entériné l’entrée en vigueur de cette future monnaie commune, et ce dès 2020. Dès lors, cette décision n’a pas manqué de susciter la controverse.

Côté français, on rappelle entre autres, très diplomatiquement, s’en tenir sur ce sujet à la posture d’Emmanuel Macron. Fin août, lors de la conférence des Ambassadeurs, le président français avait fait part de sa volonté d’accompagner l’intégration régionale.

À priori, rien de révolutionnaire ne devrait donc jaillir des prochaines réunions parisiennes. Sans compter que l’échéance cruciale sur ce dossier aura lieu en juin 2020, date à laquelle la Cedeao examinera les critères de convergence (inflation, finances publiques, etc.) des 15 États membres susceptibles de rejoindre le projet de monnaie unique.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte