Économie

Tech : pourquoi l’incubateur nigérian CcHUB rachète le kényan iHub

L’annonce du rachat d’iHub à Nairobi par le nigérian Co-Creation Hub (CcHUB) confirme des ambitions panafricaines formulées depuis 2016. Dans la foulée, son fondateur a annoncé vouloir lever 55 millions d’euros en douze mois pour investir en Afrique de l’Est.

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Mis à jour le 9 octobre 2019 à 17:19

Bosun Tijani, fondateur du Co-creation HUB de Lagos au Nigeria. © Crédit : CcHUB/2019

L’annonce a fait du bruit dans le milieu de la tech africaine. Fin septembre, l’incubateur nigérian Co-creation Hub (CcHUB), créé en 2011 et piloté par Bosun Tijani, a annoncé l’acquisition de son célèbre homologue kényan, iHub, pour un montant qui demeure confidentiel.

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Nouveau terrain de jeu

Fondé par Erik Hersman en 2010, iHub a joué le rôle de pionnier sur le continent et a participé pleinement à la renommée de la tech kényane, régulièrement surnommée « Silicon Savannah ». Autrefois propriété de l’investisseur Miguel Granier, fondateur d’Impacted Development, iHub passe désormais sous-giron nigérian tout en gardant son nom ainsi que Nekesa J. Were, à sa direction depuis 2018. Bosun Tijani devient PDG des deux entités.

S’il permet d’exporter ses activités d’accompagnement dans la santé, l’éducation et la gouvernance, ce rachat offre surtout à CcHUB un nouveau terrain de jeu pour de futurs investissements en Afrique de l’Est. « C’est une façon pour l’incubateur d’élargir son champs de recherche de jeunes pousses et d’attirer de gros bailleurs de fonds comme la Banque africaine de développement en faisant comprendre qu’il est désormais capable d’absorber leur ticket », analyse une experte du secteur.

CcHUB a annoncé jeudi 3 octobre qu’il était en train de structurer un nouveau véhicule d’investissement de 60 millions de dollars.

Fonds d’investissement

Depuis 2016, l’incubateur soutenu par les géants de la Silicon Valley est doté de son propre fond d’investissement lancé avec Omidyar Network, Bank of Industry et Venture Garden Group. Baptisé Growth Capital Fund, il lui permet d’investir lui-même dans de jeunes entreprises. Il a déjà investi dans plusieurs start-up nigérianes comme LifeBank, Riby Finance, Delivery Science ou Edves toujours via des sommes de moins de 100 000 dollars (91 000 euros).

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Dans la foulée du rachat d’iHub, et pour insister sur ses ambitions panafricaine, CcHUB a annoncé jeudi 3 octobre qu’il était en train de structurer un nouveau véhicule d’investissement de 60 millions de dollars – soit environ 55 millions d’euros – en priorité pour les start-up kényanes et des projets au Rwanda, où l’incubateur a installé un laboratoire de recherche et développement en février.

Pour y parvenir, il compte sur la participation d’institutions comme la Banque africaine de développement ou des agences de développement étrangères.

Contacté par Jeune Afrique, Bosun Tijani, qui parie sur une tendance à l’unification des marchés africains, confie qu’ »après neuf ans d’existence, CcHUB à l’expertise et les ressources permettant au start-up de développer à plus grande échelle ».