Santé

Objectif 14 milliards de dollars à Lyon pour éliminer sida, paludisme et tuberculose

Une étude certifie des "résultats très encourageants", avec "un niveau de protection "significatif" contre le paludisme © Rafiq Maqbool/AP/SIPA

La sixième conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le VIH, la tuberculose et le paludisme s'ouvre ce mercredi 9 octobre à Lyon. Objectif : collecter au moins 14 milliards de dollars pour venir à bout de ces épidémies qui touchent notamment le continent africain.

L’enjeu est de taille. Alors que la sixième conférence « de reconstitution des ressources » du Fonds mondial pour la période 2020-2022 s’ouvre mercredi au Centre de congrès de Lyon, l’Élysée explique que « toute augmentation importante au-delà des 12,2 milliards de dollars » – qui avaient été récoltés il y a trois ans lors de la dernière conférence de refinancement du Fonds mondial – « sera considérée comme un succès ».

De l’avis de tous, atteindre la barre des 14 milliards de dollars sera difficile, sur fond de « fatigue des donateurs » : la cause du sida peut sembler moins urgente aujourd’hui qu’il y a quelques années, d’autant que de nombreux financements sont mobilisés pour la cause environnementale.

Créé en 2002, ce Fonds mondial est un partenariat original entre États, société civile, secteur privé et malades. Ses fonds vont pour moitié à la lutte contre le sida et pour moitié au paludisme et la tuberculose. 700 participants y sont attendus dont 10 chefs d’État et de gouvernement, principalement africains comme le président Paul Biya qui devrait y rencontrer Emmanuel Macron.

14 milliards à mobiliser

« Il nous faut, à Lyon, 14 milliards de dollars », affirmait pourtant Emmanuel Macron il y a deux semaines, à l’Assemblée générale de l’ONU, soulignant que « plus personne ne peut comprendre qu’il soit aujourd’hui impossible d’accéder à des traitements pour prévenir ou guérir de telles maladies pour des raisons financières « .

Ce montant a été fixé en janvier par le Fonds mondial qui y voit un minimum pour se donner une chance d’atteindre l’objectif de l’ONU : mettre fin d’ici à dix ans aux épidémies de sida, de paludisme et de tuberculose, les trois principales maladies infectieuses qui constituent une menace pour la santé mondial

Cet objectif de 14 milliards de dollars est toutefois déjà jugé insuffisant par de nombreuses ONG qui s’appuient sur l’estimation d’experts indépendants, calculant qu’il faudrait 16,8 milliards à 18 milliards de dollars pour y parvenir.

Une contribution française attendue

Une quinzaine de pays donateurs ont déjà annoncé leur contribution, permettant d’assurer les trois-quarts du montant final. Les États-Unis conserveront leur rang de premier donateur avec un apport en hausse de 9% à 4,68 milliards de dollars voté par le Congrès.

Le Royaume-Uni, deuxième contributeur pour la période 2016-2019, a annoncé un montant de 1,44 milliard de livres (environ 1,7 milliard de dollars), en hausse de près de 20%, tandis que l’Allemagne, qui occupe le quatrième rang, apportera 1 milliard d’euros (environ 1,1 milliard de dollars), soit une augmentation de 18%.

Un relâchement des financements internationaux provoquerait une reprise en force des épidémies

L’atteinte de l’objectif final dépendra donc des montants engagés par le secteur privé et par la France, qui est l’un des fondateurs du Fonds et le deuxième donateur historique, mais qui n’a pas augmenté sa contribution depuis 2010, à 1,08 milliard d’euros.

Si l’Élysée juge « tout à fait souhaitable » que la part du privé augmente (7% du total aujourd’hui), elle assure que « la France sera à la hauteur de son statut de deuxième contributeur historique », laissant à Emmanuel Macron la primeur de son annonce jeudi.

« Mais pour atteindre la cible des 14 milliards et que la France retrouve sa place de leader européen, il faudrait une hausse de 45% », estime Enzo Poultreniez, responsable chez Aides, évoquant le « mauvais calcul » de ceux qui « rechignent à investir ». « Un relâchement des financements internationaux provoquerait une reprise en force des épidémies et la riposte pour en reprendre le contrôle serait encore plus onéreuse », souligne pour sa part Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreuse du VIH et présidente de Sidaction.

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