Sécurité

Attaque dans le nord du Rwanda : la police présente à la presse des rebelles présumés des FDLR

Des soldats des Forces armées de la RDC, lors d'une opération contre les rebelles rwandais des FDLR, en février 2015 dans le Sud-Kivu.

Des soldats des Forces armées de la RDC, lors d'une opération contre les rebelles rwandais des FDLR, en février 2015 dans le Sud-Kivu. © MONUSCO/Abel Kavanagh

Cinq hommes arrêtés au Rwanda à la suite d’une attaque ayant fait 14 morts dans le nord du pays, dans la nuit de vendredi à samedi, ont affirmé être des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), lors de leur présentation au public par la police dimanche soir.

L’attaque a été menée près des frontières congolaise et ougandaise, dans une région qui, par le passé, a déjà été la cible de rebelles rwandais installés en République démocratique du Congo (RDC) et opposés au gouvernement de Kigali.

Après leur arrestation lors d’une opération de riposte durant laquelle les forces de sécurité ont tué 19 « terroristes », les cinq hommes ont été montrés au public dimanche soir dans le district de Musanze, où l’attaque a eu lieu, et des journalistes ont pu leur poser des questions.

Renverser le gouvernement rwandais

Ils ont affirmé que leur but, comme le revendiquent depuis longtemps les FDLR – groupe rebelle hutu -, était de renverser le gouvernement rwandais. Leurs explications, fournies lors d’une conférence de presse organisée par la police, n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Nos commandants ont commencé à tuer des civils et nous ont ordonné de faire de même

« Nous sommes venus pour tuer des soldats, mais nos commandants ont commencé à tuer des civils et nous ont ordonné de faire de même », a déclaré l’un d’eux, Emmanuel Hakizimana, 27 ans, disant avoir été recruté par les FDLR en 2018 en Ouganda.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des hommes armés avaient mené une attaque sur le secteur de Kinigi, dans le district de Musanze, tuant 14 civils, principalement à l’arme blanche.

Un autre membre du groupe, Théoneste Habumukiza, a affirmé qu’il étudiait en Ouganda lorsqu’il a été recruté pour « libérer le Rwanda de la tyrannie ». « Après être entrés au Rwanda et avoir tué des gens, nous avons essuyé des tirs de la part de soldats rwandais. Nous avons tenté de nous échapper, mais nous n’y sommes pas parvenus, donc nous nous sommes rendus aux soldats », a-t-il raconté.

L’armée congolaise avait annoncé le 18 septembre avoir tué le chef suprême des FDLR, Sylvestre Mudacumura, visé depuis juillet 2012 par un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), à quelque 60 kilomètres de Goma. Les circonstances dans lesquelles se sont déroulées cette attaque et les forces impliquées restent toutefois encore floues. Depuis, Sylvestre Mudacumura a été remplacé à la tête du commandement militaire du groupe rebelle par Pacifique Ntawunguka, surnommé général « Omega ».

Contexte diplomatique tendu

Cette attaque intervient alors que le Rwanda et l’Ouganda continuent d’entretenir des relations tendues, notamment sur fond d’accusation de soutien à des groupes rebelles hostiles à Kigali. Malgré la signature d’un mémorandum d’entente entre Paul Kagame et Yoweri Museveni, le 21 août, l’amélioration des rapports diplomatiques semble poussif. Une réunion de suivi de l’accord du 21 août doit d’ailleurs se tenir prochainement à Kampala.

La dernière attaque menée par des rebelles au Rwanda datait de décembre 2018 et avait provoqué la mort de deux soldats rwandais dans le district de Rubavu, au sud de celui de Musanze.

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