Analyses

Législatives en Tunisie : les islamistes d’Ennahdha parviendront-ils à constituer une majorité ?

Scène de liesse devant le quartier général d'Ennahdha, dimanche 6 octobre 2019 à Tunis. © Camille Lafrance

Le parti Ennahdha arriverait en tête des élections législatives du 6 octobre, mais loin de ses scores habituels, selon les premières estimations qui le créditent de 17 % à 18 %. Lors de ce scrutin, d’autres listes conservatrices ont gagné du terrain. Les secondes pourront-elles pour autant s'allier avec le premier ? Analyse.

Le taux de participation aux élections législatives n’a pas de quoi réjouir les partis politiques. Il a seulement atteint 41,3 %  au niveau national, selon l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). Au bureau du parti « musulman démocrate » Ennahdha, au soir du scrutin du dimanche 6 octobre, l’ambiance est pourtant à la fête. Agglutinés devant ses portes vitrées, dans le quartier Montplaisir à Tunis, ses partisans lancent youyous et feux d’artifice. Certains tambourinent même avec ardeur contre le bâtiment.

Selon les premiers résultats préliminaires non officiels, le parti à la colombe aurait remporté 17,5 % des sièges, soit deux points de plus que Qalb Tounes, la formation de Nabil Karoui, candidat qualifié pour le second tour de la présidentielle. Mais sur les 69 sièges qu’il avait su maintenir à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lors de la précédente mandature, Ennahdha n’en conserverait qu’une quarantaine.

« C’est une victoire couplée d’une grande mise en garde, reconnaît Mehrezia Labidi, députée sortante et candidate à Nabeul 2. Nous devrons être à la hauteur de ce renouvellement de confiance et écouter davantage les électeurs. » Au quartier général, certains parlent même de « dernière chance ».

Électorat grignoté par les listes conservatrices

D’autres listes ont grignoté son électorat. En quatrième place, al-Karama (dignité), de l’avocat controversé Seifeddine Makhlouf, auraient remporté 6,1 % des suffrages, soit 18 sièges. « Ils sont corrects et vont lutter contre la corruption », assure une électrice qui a soutenu ce nouveau courant, alors qu’en 2014 elle avait plébiscité Nidaa Tounes – pourtant à l’opposé sur l’échiquier politique. Chez Ennahdha, on reconnaît s’être fait voler du terrain par cette formation, mais on le justifie par « manque de contact avec la base et de pédagogie ».

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