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Le directeur du fonds souverain libyen contraint à la démission

Le LIA dont le siège est à Tripoli (photo) gère environ 66 milliards de dollars d'actifs ©

Abdulmagid Breish, le directeur du fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA), a été contraint à la démission par une loi visant les anciens dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi. LIA gère environ 66 milliards de dollars d'actifs, principalement liés à l'exportation d'hydrocarbures.

Libyan Investment Authority, le fonds souverain libyen, a nommé mercredi 9 juillet un nouveau directeur. L’agence Reuters rapporte que son actuel patron, Abdulmagid Breish, a été contraint à démissionner en raison de la loi dite « d’isolement politique ». Adopté en mai 2013, ce texte prévoit en effet l’interdiction pure et simple d’exercer des fonctions officielles pour les personnes ayant occupé des charges sous le régime de Mouammar Kadhafi, qui dirigea la Libye pendant une quarantaine d’années avant sa chute en 2011.

C’est donc Abdulrahman Ben Yezza, qui occupa le poste de ministre du pétrole entre novembre 2011 et novembre 2012, qui prend la direction intérimaire du fonds LIA. Si les modalités de l’implication d’Abdulmagid Breish dans le régime de Kadhafi ne sont pas connues – les conclusions de l’enquête menée dans le cadre de la loi de mai 2013 n’ont pas été rendues publiques – il faut noter que ce banquier international a passé 30 ans au sein du groupe financier bahreïnien Arab Banking Corporation (ABC), dont l’un des principaux actionnaires était… la Banque centrale libyenne.

« M. Breish a cédé sa place mais il a fait appel de la décision et reste confiant sur l’issue de cette affaire » a fait savoir Libyan Investment Authority dans un communiqué envoyé à l’agence de presse.

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Pas de changement de cap

Ce changement de directeur ne devrait toutefois pas entraîner « un changement de cap » pour le fonds libyen qui entend bien maintenir les poursuites judiciaires engagées contre la banque d’affaires Goldman Sachs devant la Haute Cour de justice de Londres.

LIA reproche à la banque américaine de lui avoir fait perdre plus d’un milliard de dollars dans des placements mal avisés. Le fonds souverain libyen compte également poursuivre la procédure lancée en mars 2014 contre la Société Générale qu’il accuse d’avoir versé des pots-de-vin à un des proches du fils du colonel Kadhafi. La banque française conteste ces allégations.

66 milliards de dollars d’actifs

Le LIA gère les actifs libyens à l’étranger notamment des parts dans des établissements bancaires comme l’italien Unicredit. Deuxième fonds souverain africain, le LIA gère environ 66 milliards de dollars d’actifs, principalement liés à l’exportation d’hydrocarbures. Selon les informations de la Banque centrale libyenne, le pays comptait 109 milliards de dollars d’avoirs et de réserves en juin 2014.

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