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La Banque nationale du Canada veut revendre ses parts dans NSIA

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Mis à jour le 04 octobre 2019 à 15h00
La BIAO-CI, à Abidjan, est l'une des deux filiales bancaires de NSIA (photo d'illustration).

La BIAO-CI, à Abidjan, est l'une des deux filiales bancaires de NSIA (photo d'illustration). © Olivier pour J.A.

Entré en 2015 au capital du groupe ouest-africain de bancassurance NSIA, le colosse de Montréal a enchaîné les désillusions et planche sur la revente de sa participation.

« Feuille de route remarquable », « vision judicieuse de son développement », « expertise », « leadership »… En mars 2015, Louis Vachon, DG de Banque nationale du Canada (BNC), ne tarissait pas d’éloges pour qualifier l’arrivée du groupe bancaire nord-américain au capital de NSIA Participations, le groupe de bancassurance de l’Ivoirien Jean Kacou Diagou. Ce dernier, quant à lui, saluait un « partenariat de long terme ». Mais moins de cinq ans plus tard, l’alliance se meurt.

S’exprimant devant la communauté des analystes financiers canadiens, à la fin août, Louis Vachon a évoqué pour la première fois ouvertement l’intention du groupe de céder ses parts dans NSIA Participations. Commentant le sort des actifs de BNC dans les pays émergents – en dehors du Cambodge où le groupe a accru récemment son investissement – , le patron de BNC a affirmé : « Vous pouvez vous attendre à des ventes progressives dans le temps ».

Désaccords stratégiques

Une source proche du management de NSIA a paru étonnée par l’affirmation publique de cette ambition de désengagement, quand une autre n’a pas immédiatement répondu à nos requêtes. Le capital-investisseur Amethis, entré au capital de NSIA Participations en même temps que BNC, n’a pas pu être joint dans l’immédiat.

La rupture entre BNC et NSIA paraissait depuis longtemps inéluctable. Dès 2016, la place financière d’Abidjan bruissait des mésententes entre les équipes de BNC et celles de NSIA sur la stratégie à suivre, notamment en termes d’expansion géographique et sectorielle.

Jean Kacou Diagou était parvenu à contourner le verrou canadien en faisant entrer Swiss Re au sein de son holding familial, Manzi Finances, l’actionnaire majoritaire de NSIA Participations. Cette opération lui a permis de récupérer les fonds nécessaires au rachat, à la fin 2017, des filiales francophones du nigérian Diamond Bank, mais a eu pour conséquence d’exacerber les tensions avec BNC.

AfrAsia Bank aussi concerné

Les difficultés rencontrées par NSIA Banque Côte d’Ivoire, suite à la chute du négociant ivoirien Saf Cacao, avec une action qui a perdu les deux tiers de sa valeur depuis son introduction à la Bourse d’Abidjan, paraissent être la goutte de trop. Le groupe canadien a dû réduire de plus de 20 millions de dollars la valorisation de NSIA Participations dans ses comptes. Celle-ci ne représente plus que 128 millions de dollars canadiens (96 millions de dollars), à la fin août.

Selon le compte-rendu des échanges avec les analystes – que Jeune Afrique a pu consulter -, les cessions d’actifs envisagées par BNC concernent non seulement NSIA, mais également le mauricien AfrAsia Bank, détenu à 21 % par le groupe canadien. La situation de ce dernier semble différente de NSIA : les équipes de BNC rappellent notamment que la valeur boursière des parts dans AfrAsia est « significativement supérieure » à sa valeur comptable.

L’opposition semble, selon les échos parus dans la presse canadienne, se cristalliser autour du contrôle majoritaire de la banque, aux mains du holding local Groupe IBL. Contactée par Jeune Afrique, la direction de AfrAsia n’a pas immédiatement répondu à nos requêtes, et celle de IBL a de son côté jugé cette interprétation « erronée ».

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