Politique

Liban : Saad Hariri a offert 16 millions de dollars à une mannequin sud-africaine

Le Premier ministre libanais Saad Hariri lors d'une conférence de presse avec le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le 15 août 2019.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri lors d'une conférence de presse avec le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le 15 août 2019. © Carolyn Kaster/AP/SIPA

Saad Hariri aurait versé plus de 16 millions de dollars à une jeune mannequin sud-africaine en 2013, selon le quotidien américain de référence The New York Times. Une affaire qui fragilise le Premier ministre libanais, alors que de nombreuses manifestations ont lieu dans son pays pour dénoncer une situation économique de plus en plus difficile.

Les déboires de Saad Hariri n’en finissent plus de s’accumuler. Dans une enquête publiée ce lundi 30 septembre, le quotidien américain The New York Times révèle que le Premier ministre libanais a versé plus de 16 millions de dollars (14,7 millions d’euros) à Candice Van der Merwe, une mannequin sud-africaine rencontrée aux Seychelles, selon des documents juridiques.

La jeune femme, alors âgée de 20 ans, affirme avoir eu une relation avec le chef du gouvernement après l’avoir rencontré dans un hôtel de luxe, en 2013.

Une affaire qui tombe mal

L’affaire fait les gros titres en Afrique du Sud et au Liban. La jeune femme, « mannequin maillot de bain » de profession, est engagée dans un bras de fer avec l’administration fiscale sud-africaine depuis plusieurs années. Dès 2013, des articles parus dans la presse locale avaient évoqué « un don d’un admirateur arabe », à l’époque encore non identifié.

Ces transferts ne semblent toutefois pas avoir violé les lois libanaises ou sud-africaines, ajoute le titre américain. À la tête de son parti politique Courant du futur, le leader sunnite libanais n’était pas Premier ministre lorsqu’il a envoyé de l’argent à Candice Van der Merwe. Son premier mandat s’est terminé en 2009, tandis que le second a débuté en 2016.

Il n’empêche que l’affaire tombe mal : des manifestants se retrouvent à Beyrouth depuis septembre pour dénoncer une dégradation des conditions de vie. Ces dernières années, l’économie libanaise a connu une nette dégradation, avec une croissance d’à peine 0,2% en 2018 selon le Fonds monétaire international (FMI). Et même si le gouvernement a adopté un budget dit « d’austérité » pour 2019, l’endettement de l’État est toujours très important.

Des manifestants à Beyrouth, le 29 septembre 2019, pour protester contre la crise économique au Liban. © Bilal Hussein/AP/SIPA

Quelles que soient les campagnes lancées contre moi, je continuerai à travailler et je ne m’arrêterai pas

Le Premier ministre n’a pas souhaité répondre aux questions du journal américain. Mais peu après la publication de l’article, il a réagi publiquement, sous-entendant que des partis hostiles à son camp politique seraient derrière une « campagne » visant à l’empêcher de mener à bien les réformes nécessaires au Liban. « Quelles que soient les campagnes lancées contre moi, malgré tout ce qu’ils peuvent dire, écrire ou faire, je continuerai à travailler et je ne m’arrêterai pas », a-t-il déclaré.

Fortune d’environ 1,5 milliard de dollars

Fils de l’homme d’affaires et ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en 2005, Saad Hariri est considéré comme l’un des hommes les plus riches du Liban. Le classement Forbes des milliardaires de la planète lui attribue une fortune d’environ 1,5 milliard de dollars en 2018.

Le Premier ministre a notamment hérité de parts dans l’entreprise de BTP Saudi Oger, géant saoudien de la construction disparu en 2017, dont les ex-employés attendent toujours le paiement de leurs salaires impayés.

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