Société

Mali : la CPI confirme les charges à l’encontre du jihadiste Al Hassan et engage son procès

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé lundi des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité à l’encontre d’Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, un jihadiste malien accusé d’avoir participé à la démolition du patrimoine à Tombouctou, et a annoncé l’ouverture de son procès. 

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Mis à jour le 1 octobre 2019 à 08:47

Al Hassan lors de l’ouverture de l’audience de confirmation des charges au siège de la Cour à La Haye (Pays-Bas) le 8 juillet 2019 © ICC-CPI

Al Hassan est accusé d’avoir participé en 2012 et 2013 à la démolition de mausolées dans la ville malienne et d’être responsable de viols et d’esclavage sexuel commis dans le contexte de mariages forcés.

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Des accusations de torture pèsent également contre le jihadiste, qui a été remis en avril 2018 à la CPI par les autorités maliennes et transféré au centre pénitentiaire de la Cour, à La Haye.

Al Hassan a comparu en juillet devant les juges, qui devaient décider s’il y avait suffisamment de preuves contre lui pour aller jusqu’au procès. « La chambre a conclu qu’il y a des motifs substantiels de croire que M. Al Hassan est responsable » des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont il est accusé, a indiqué la CPI dans un communiqué.

« Régime tyrannique »

Al Hassan, 40 ans, aurait été un membre du groupe jihadiste Ansar Eddine et commissaire de la police islamique à Tombouctou. Il faisait partie des groupes armés qui ont pris le contrôle de cette région reculée du nord du Mali en 2012 et « imposé leur vision de la religion, par la terreur », à une population locale qui a vécu un « calvaire imposé par un régime tyrannique », avait déclaré en juillet la procureure de la Cour, Fatou Bensouda.

Al Hassan est le deuxième jihadiste à être jugé par la CPI. Lors d’un verdict historique, la Cour avait condamné en 2016 un premier jihadiste malien, Ahmad Al Faqi Al Mahdi, à neuf ans de prison pour avoir également pris part en 2012 à la démolition des mausolées protégés à Tombouctou, un site inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial.