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Cet article est issu du dossier «France-Afrique : quel héritage pour Jacques Chirac ?»

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Diplomatie

Maroc : pourquoi Moulay El Hassan a représenté Mohammed VI aux obsèques de Jacques Chirac

Le roi Mohammed VI et son fils, le prince hériter Moulay El Hassan, le 12 décembre 2017 à Paris (image d'illustration). © Francois Mori/AP/SIPA

Mohammed VI souffrant d'une « pneumopathie », c'est son fils Moulay El Hassan qui l'a représenté aux obsèques de Jacques Chirac. Une délégation au prince hériter qui s'inscrit dans la droite ligne d'une longue tradition du Makhzen.

C’est le prince Moulay El Hassan, seize ans, qui a représenté son père Mohammed VI aux obsèques de l’ancien président français Jacques Chirac, décédé jeudi 26 septembre. La MAP, l’agence de presse officielle marocaine, a relayé un communiqué du cabinet royal daté du 29 septembre, expliquant que le roi du Maroc a « contracté une pneumopathie bilatérale aiguë d’origine virale », et qu’en conséquence, son médecin personnel lui a prescrit « un repos de quelques jours ».

Dans le communiqué du Palais, l’ex-chef de l’État français est présenté comme « un grand ami du Maroc ». En effet, Jacques Chirac a, dès la fin des années 1970, incarné la proximité entre Paris et Rabat. Mohammed VI « avait prévu de se rendre en France, afin de présenter, à titre privé, ses condoléances […], eu égard aux fortes et profondes relations qui ont toujours lié les deux familles », précise le texte.

C’est finalement Moulay El Hassan qui a transmis ses hommages, répétant un scénario bien connu de son père : en 1974, Mohammed VI, qui était alors le prince héritier Sidi Mohammed, âgé de onze ans, avait représenté son pays aux obsèques du président français Georges Pompidou. Il n’est d’ailleurs pas d’usage que le souverain chérifien assiste aux funérailles de chefs d’État étrangers.

Le « grand ami » Chirac

Jacques Chirac a entretenu une proximité particulière avec Hassan II. Lorsque ce dernier décède en 1999, le président français suit son imposant cortège funéraire. La mémoire populaire, au Maroc, retient que le dirigeant tricolore est sincèrement affecté. Une anecdote rapportée par le journaliste français Jean-Pierre Tuquoi raconte que Chirac aurait, à cette époque, glissé à Mohammed VI : « Majesté, je dois beaucoup à votre père, et si vous le souhaitez, tout ce qu’il m’a donné, je m’efforcerais de vous le rendre. »

De son côté, l’auteur Ignace Dalle rapporte cette citation également attribuée au défunt président : « Je dois à Hassan II une sorte d’initiation aux complexités et aux valeurs du monde arabe et musulman. Je lui dois des analyses visionnaires sur les drames, mais aussi sur les chances de la paix au Proche-Orient. » Le couple Chirac avait l’habitude de se rendre au Maroc, plus précisément dans la région de Taroudant, pour ses congés.

« Le royaume du Maroc gardera précieusement le souvenir d’un grand ami qui a activement contribué à la consolidation des relations d’amitié entre nos deux pays en les érigeant en un partenariat d’exception, a réagi jeudi le souverain à l’annonce du décès de l’ex-chef de l’État français. Ce partenariat, unique en son genre, constitue désormais la référence de notre coopération. »

Transparence sur la santé du monarque

Ce n’est pas la première fois que Mohammed VI annule un voyage pour raisons de santé. Un « syndrome grippal aigu (…) compliqué d’une bronchite » avait ainsi obligé le monarque, en 2014, à reporter une visite officielle en Chine. La santé royale a longtemps été un tabou au Maroc, et reste un sujet sensible.

Depuis quelques années, le ministère de la Maison royale, du protocole et de la chancellerie s’efforce de communiquer à ce sujet. Le premier acte de transparence à l’égard de l’opinion publique remonte à 2009. Depuis, le Palais offre parfois des explications sur l’état de santé du souverain, comme lorsque ce dernier a écourté en 2015 un voyage à Laâyoune, à la suite « d’un syndrome grippal avec atteinte broncho-­pulmonaire et oropharyngée » et d’« une extinction de voix ». En février 2018, Mohammed VI avait été opéré dans une clinique parisienne pour un « trouble du rythme cardiaque », avait alors annoncé un communiqué officiel.

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