Politique

Crise anglophone au Cameroun : ouverture du dialogue national lundi

Le président camerounais Paul Biya.

Le président camerounais Paul Biya. © Flickr

Le dialogue se tiendra à partir du 30 septembre prochain entre Yaoundé et les séparatistes. Plusieurs leaders des régions anglophones ont toutefois refusé d'y participer.

Après avoir fait preuve d’intransigeance, le président Biya a convoqué mi-septembre un « Grand dialogue national » à Yaoundé. Ce dialogue, présidé à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, a pour ambition de mettre un terme à la crise qui sévit dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où vit la plus grande partie de la minorité anglophone du Cameroun (16%).

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme alors que d’autres réclament la partition du pays. Deux hypothèses que refuse le pouvoir.

D’après le porte-parole du dialogue national, Georges Ewane, les autorités ont eu des échanges avec certains séparatistes. Si elles ont décelé chez certains une disponibilité à discuter et chez d’autres moins d’ouverture, elles ont tenu à adresser des invitations à tous, selon Georges Ewane.

Boycott

Très actif sur les réseaux sociaux, Mark Bareta, partisan de la sécession, est présenté par Yaoundé comme celui qui a montré le plus d’ouverture. C’est d’ailleurs par son truchement que certaines invitations ont été adressés aux séparatistes, d’après Georges Ewane.

Mais Mark Bareta a annoncé vendredi ne pas participer à ce dialogue, affirmant que « la seule façon de mener de véritables négociations était de le faire sur un terrain neutre ».

Parmi les seize leaders séparatistes anglophones conviés au dialogue, des éminents chefs de groupes armés, comme Ebenezer Akwanga et Cho Ayaba, ont annoncé leur refus d’y participer.

Avec ce dialogue, le Cameroun veut jeter « de la poudre aux yeux de la communauté internationale plutôt que de trouver une solution complète et durable à la raison pour laquelle nous sommes en guerre: l’annexion de notre patrie, Southern Cameroons », a déclaré Ebenezer Akwanga.

La plupart de ces leaders ont réaffirmé leur volonté de discuter avec le gouvernement, mais demandent que les négociations se déroulent en présence d’un médiateur international, à l’étranger, et que les termes de la séparation soit le principal point à l’ordre du jour.

L’annonce de ce dialogue a toutefois suscité l’espoir d’anglophones plus modérés, comme l’influent archevêque de Douala, le cardinal Christian Tumi, qui avait salué l’initiative et supplié les séparatistes d’y participer.

« Un jeu »

L’option d’une participation des groupes armés actifs sur le terrain en zones anglophones « a été émise par des chefs traditionnels mais elle ne pourrait pas prospérer pour des raisons d’ordre pratique », explique une autorité du Sud-Ouest sous couvert d’anonymat.

Elle invite pourtant les combattants séparatistes à sortir « des bois », et assure que « des mesures (ont été) prises pour la sécurité de ceux qui souhaitent y participer », avec notamment l’installation d’un site pour des communications à distance. « On ne dialogue pas avec des fantômes ».

Les populations anglophones sont partagées : certaines espèrent que le dialogue débouchera sur la résolution de la crise. D’autres n’en attendent pas grand-chose.

« Rien de bon ne peut sortir du dialogue. C’est un jeu », lance un partisan de la sécession établi à Buea. « Si nous devions aller à un dialogue, ce serait pour discuter des conditions de séparation, pas d’autre chose », précise-t-il.

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