Transport aérien

L’Asecna menace la Camair-Co de mesures de rétorsion en raison de ses impayés

Un avion de la compagnie camerounaise Camair-Co

Un avion de la compagnie camerounaise Camair-Co © Jean-Pierre Kepseu

L’Agence panafricaine de sécurité de la navigation aérienne préconise de suspendre ses services auprès de la compagnie nationale camerounaise, qui accumule les arriérés. Pour faire pression sur cette dernière, ses agents menacent de provoquer des retards de 30 minutes.

Connaissant de très lourdes difficultés financières, la Camair-Co accumule les dettes. C’est une facture de 200 millions de francs CFA (305 000 euros) que la compagnie aérienne camerounaise doit honorer depuis le mois de juin auprès du pétrolier Tradex. Mais la compagnie a aussi négligé de payer ses prestations à l’Agence de sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), qui gère le ciel de 17 pays africains.

Dans un courrier du 23 septembre, dont Jeune Afrique a pris connaissance, Ibrahim Al-Khalil Ousman, payeur de l’Asecna à Yaoundé, brandit à nouveau la menace de suspendre ses services auprès de la Camair-Co, alors que celle-ci accumule les arriérés de redevances : plus de 100,390 millions de FCFA (157 000 euros) au 13 septembre dernier.

Provoquer des retards de 30 minutes sur chaque vol à partir du 27 septembre à minuit

Il y a quelques semaines, un premier ultimatum avait été lancé. « À date, non seulement aucun paiement n’a été effectué, mais le montant de la dette de la compagnie ne cesse de s’accroître, s’élevant ainsi à plus de 107 millions de F CFA (163 000 euros) », indique le courrier adressé à Domnole Eloi Iya Boulou, représentant de l’Asecna dans le pays.

30 minutes de retard-sanction

« Il serait souhaitable de stopper cet accroissement et d’instruire nos services compétents de suspendre les services de la navigation aérienne de la compagnie Camair-Co jusqu’à paiement intégral de ces arriérés », poursuit le payeur. Ce dernier craint que cette situation « nous ramène à l’époque des années 2013-2014 avec un recouvrement de la dette à nouveau impossible ». À l’époque, un appareil avait même été très brièvement bloqué par une représentante de l’agence.

L’Asecna mettra-t-elle en œuvre ses menaces durant le Grand dialogue national ?

Si les services de l’Asecna ne sont pas interrompus dans l’immédiat, un message manuscrit du représentant de l’Asecna au Cameroun préconise en revanche, en guise de premier avertissement, de provoquer des retards de 30 minutes sur chaque vol à partir du 27 septembre dès minuit.

L’Asecna mettra-t-elle en œuvre ses menaces ? Cela ferait désordre : la Camair-Co est partie prenante du Grand dialogue national prévu du 30 septembre au 4 octobre, pour lequel elle a adapté son programme de vols afin de permettre le transport des délégations de parlementaires et de personnalités politiques à Yaoundé. Selon certains observateurs, il s’agirait plutôt de faire pression sur la direction de l’entreprise et le gouvernement.

Dans une conférence de presse donnée le 19 juillet dernier à Dakar, le président du conseil d’administration de l’Agence, Jean-François Desmazières, évaluait à 20 milliards de francs CFA (30,5 millions d’euros) le montant des créances laissées en souffrance par les compagnies africaines ou des redevances laissées en latence dans les comptes de l’Asecna.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte