Politique

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara en tournée dans le N’Zi, dans le centre-est du pays

Alassane Ouattara au deuxième conseil politique du RHDP, le lundi 22 juillet 2019.

Alassane Ouattara au deuxième conseil politique du RHDP, le lundi 22 juillet 2019. © Twitter officiel du président Alassane Ouattara

Le président ivoirien Alassane Ouattara a entamé mercredi 25 septembre une visite d’État de quatre jours dans la région du N’Zi, dans le centre-est du pays, voisine de celle dont est originaire Henri Konan Bédié. Première étape : Dimbokro, ville natale du chef de l'État, où a été délocalisé pour l’occasion le Conseil des ministres.

Des rues nettoyées, électrifiées, bitumées, des coups de pinceaux passés sur les frontons des édifices publics, une préfecture réhabilitée, un stade rénové… La région du N’Zi, dans le centre-est de la Côte d’Ivoire, se préparait depuis plusieurs semaines à la visite du président Alassane Ouattara. Une tournée de quatre jours, qui a débuté mercredi matin à Dimbokro, sa ville natale – où un grand meeting aura lieu samedi -, et qui se poursuit jeudi dans la localité de Bocanda et vendredi dans celle de Kouassi-Kouassikro.

Une forte mobilisation, à la hauteur des attentes immenses des habitants de cette région autrefois riche de ses plantations de cacao, aujourd’hui en manque d’infrastructures routières, de services de santé, d’électricité, de réseaux d’approvisionnement en eau et d’emplois pour sa jeunesse. Symbole de cette déshérence, l’usine Utexi, spécialisée dans la filature de tissu et qui faisait vivre des centaines de familles, a fermé ses portes en 2017.

Dans le N’Zi, on rêve de voir fonctionner à nouveau ce poumon économique. Des élus locaux, interrogés dans la presse ivoirienne, en sont convaincus : cette visite présidentielle est l’assurance d’un développement futur de leur territoire, trop longtemps laissé à l’abandon.

Des attentes « légitimement grandes »

« On reproche beaucoup au président Alassane Ouattara de ne pas avoir alloué de ressources aux régions et aux villes intérieures. À un an de la présidentielle, se rendre là-bas, c’est une manière de dire : je vais me rattraper », analyse un observateur de la vie politique ivoirienne.

À l’issue du conseil des ministres exceptionnellement délocalisé ce mercredi à Dimbokro, peu d’annonces concrètes, mais la promesse d’un « état des lieux » des besoins de la région et celle de « l’accélération des actions du gouvernement ».

« Nous partons du principe que les attentes des populations sont légitimement grandes. (…) Elles verront des améliorations palpables dans leur quotidien après cette visite », a assuré le porte-parole et ministre de la Communication, Sidi Tiémoko Touré, rappelant que des investissements avaient été réalisés dans la région depuis 2011, notamment 281 millions de F CFA – environ 430 000 euros –  alloués au secteur de la santé, à l’électrification de 35 localités et à la création de cinq collèges.

Interrogé sur l’avenir de l’usine Utexi, Sidi Tiémoko Touré a annoncé que des discussions étaient en cours « entre le ministre du Commerce et l’opérateur privé détenteur des actifs d’Utexi pour trouver les leviers pour sortir cette entreprise de la crise qu’elle connaît. »

Lutte d’influence entre le PDCI et le RHDP

Autre dossier évoqué, celui de l’orpaillage. « Plusieurs initiatives ont été prises par le ministre en charge des Mines pour freiner cette problématique qui assaille cette région », a affirmé le porte-parole, regrettant « une forte complicité des autorités locales avec les orpailleurs clandestins ».

« Personne ne le reconnaîtra dans l’entourage du président, mais cette visite ressemble à une entrée en campagne. Il s’agit de la première grande visite d’État du président depuis très longtemps, sur un territoire censé être acquis à l’adversaire, au PDCI, mais où beaucoup rejoignent le RHDP», estime un politologue. Le RDHP dirige aujourd’hui le N’Zi, grâce au ralliement du candidat indépendant Koffi N’Guessan Lataille, grand gagnant des dernières régionales devant la candidate du PDCI, et depuis devenu secrétaire d’État.

Le PDCI reste cependant extrêmement bien implanté dans cette région. Son président, Henri Konan Bédié, de retour d’un séjour de trois mois en France, est originaire de la ville de Daoukro, chef-lieu d’une région frontalière à celle du N’Zi. Dans une interview accordée mi-septembre à Jeune Afrique, l’ancien président revenait sur le départ d’anciens membres du PDCI  vers le RHDP, sans toutefois s’inquiéter des conséquences de ces défections sur l’emprise territoriale du parti : « Ces gens qui nous ont quittés n’ont pas emportés avec eux nos électeurs, ils n’ont même pas emmené les populations de leur village. Ils sont partis tout seul ».

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