Politique

Côte d’Ivoire : la composition de la nouvelle commission électorale dévoilée

Des agents de la Commission électorale indépendante lors du référendum en Côte d'Ivoire, en 2016 (image d'illustration).

Des agents de la Commission électorale indépendante lors du référendum en Côte d'Ivoire, en 2016 (image d'illustration). © Diomande Bleblonde/AP/SIPA

Les personnalités composant la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI) ont été nommées mercredi 25 septembre en Conseil des ministres. À un an de la présidentielle, leur tâche s’annonce déjà délicate.

Comme un pied-de-nez, c’est depuis le bastion d’Henri Konan Bédié, son ancien allié devenu adversaire, que le président Alassane Ouattara a décidé de nommer les membres composant la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI). Ceux-ci ont été désignés lors du Conseil des ministres qui s’est tenu mercredi 25 septembre à Dimbokro, au centre du pays, fief du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) – mais aussi ville natale de l’actuel président ivoirien.

15 personnalités, contre 17 pour la précédente commission, composent cet organe clé dans l’organisation des élections de 2020. Parmi elles, trois siégeaient déjà lors des présidentielles de 2010 et 2015 : Sourou Koné, choisi par le président de la République, Marguerite Yoli Bi-Koné, désignée par la société civile, et Alain Dogou, sélectionné par une partie de l’opposition – dont la frange du Front populaire ivoirien (FPI) dirigée par Pascal Affi N’Guessan. Deux autres sièges réservés aux opposants seront occupés par Henriette Lagou, candidate malheureuse à la présidentielle de 2015, et Daudet Yapi Yapo, l’ancien maire de Yakassé-Attobrou.

L’opposition vent debout

Contre l’avis de la plupart des poids lourds de l’opposition ivoirienne, cette dernière sera donc représentée au sein de l’instance. L’autre tendance du FPI, présidée par l’ex-président Laurent Gbagbo, et le PDCI d’Henri Konan Bédié, avaient en effet décidé de boycotter les discussions. Ils dénoncent un dialogue biaisé et la mise sur pied d’une CEI déséquilibrée, aux mains du pouvoir en place.

Un grand absent est à signaler : Youssouf Bakayoko, président de la CEI depuis 2010, personnage très contesté par l’opposition

Face aux trois sièges de l’opposition, trois autres sont occupés par des représentants du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. Émile Ebrotié, ancien conseiller d’Henri Konan Bédié et transfuge du PDCI, fait ainsi son entrée. Le ministre de l’Administration territoriale a également nommé un membre : Ibrahima Bayo. Le Conseil supérieur de la magistrature a choisi quant à lui Kuibiert Coulibaly, jusqu’alors secrétaire général du Conseil constitutionnel, tandis que le barreau a désigné Me Yolande Yapobi. Selon plusieurs sources, il est probable que l’une de ces deux dernières personnalités soit élue à la tête de la CEI.

Un grand absent est à signaler : Youssouf Bakayoko, président de la CEI depuis 2010, personnage très contesté par l’opposition. Cela ne devrait toutefois pas suffire à calmer le courroux d’une large partie des opposants, qui ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas cette instance. Un mécontentement qui fait craindre de forte tensions lors de l’élection présidentielle d’octobre 2020 – une échéance majeure pour le pays, dix ans après la crise post-électorale qui avait causé plus de 3 000 morts.

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