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Présidentielle en Tunisie : quatre questions sur le programme de Kaïs Saïed en matière de libertés

Kaïs Saïed, candidat à l'élection présidentielle tunisienne , arrivant à son bureau tunisois mardi 17 septembre 2019 (image d'illustration).

Kaïs Saïed, candidat à l'élection présidentielle tunisienne , arrivant à son bureau tunisois mardi 17 septembre 2019 (image d'illustration). © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Nombre de Tunisiens qui ne souhaitent pas voter pour Nabil Karoui au second tour de la présidentielle hésitent encore à soutenir Kaïs Saïed. En cause, entre autres, le rapport de ce dernier aux libertés individuelles et à la religion. Beaucoup l’appellent à éclaircir son positionnement. Jeune Afrique l’a interviewé et a confronté ses réponses.

Son arbre généalogique parle pour lui : Kaïs Saïed est issu d’une famille tunisienne pieuse mais réformiste. Mais que fait-il donc sur des clichés aux côtés de Ridha Belhaj, leader du parti salafiste Hizb al-Tahrir ? S’il dit accepter d’être pris en photo avec tout le monde, cela ne fait pas pour autant de lui un salafiste, le défendent à l’unisson ses proches. Lui assure n’avoir rencontré Belhaj qu’une seule fois. « Nous avons discuté dans un café il y a environ deux ans, et ça s’est arrêté là. Nous n’avions pas les mêmes idées. Je n’ai jamais appartenu à ce parti et je n’y appartiendrai jamais », jure-t-il.

« Son électorat compte aussi des jeunes conservateurs, voire à tendance salafiste et surtout nationalistes, déçus d’Ennahdha », souligne Zouheir Benjannet, maître de conférences en sociologie au laboratoire État, culture et mutation de société de l’Université de Sfax.

« Ce qui m’a effrayé, c’est qu’il a donné l’une de ses premières déclarations à la chaîne qatarie Al-Jazira. Or, je n’ai pas confiance en cette télévision, ajoute Abdelfattah El Gargouri, l’un des fondateurs de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, soutien de la gauche et candidat indépendant aux législatives à Sfax. S’il veut que je vote pour lui au second tour, il faudra qu’il déclare qui il est exactement. » 

Kaïs Saïed est souvent qualifié de conservateur sur le plan des mœurs, même s’il fait tout pour ne pas paraître moraliste. La religion ? « Un choix personnel. » Le vainqueur du premier tour de la présidentielle en veut pour preuve son propre cas : « Dans notre famille élargie, nous sommes tous musulmans, mais il y a des pratiquants et des non-pratiquants. Chacun est libre de son choix. »

• Ambiguïtés constitutionnelles sur l’islam

Adepte pointilleux du droit, Kaïs Saïed ne remet pas en cause la Constitution. « Chacun est également libre dans la société de faire ses propres choix. La liberté religieuse est d’ailleurs consacrée. » Quid de la liberté de conscience, également reconnue constitutionnellement ? Le candidat ne la mentionne pas spontanément.

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